Auprès des Sanofi, Mélenchon blâme le "cancer financier"

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MÉLENCHON AUPRÈS DES SANOFI
MÉLENCHON AUPRÈS DES SANOFI

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Le président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a apporté jeudi son soutien aux salariés du site Sanofi de Toulouse, menacé de fermeture, fustigeant le "cancer financier" et prônant l'adoption d'une loi contre les licenciements boursiers.

Selon la police, quelque 350 à 400 employés se sont rassemblés à la mi-journée devant ce site de recherche, où l'eurodéputé et ancien candidat à la présidentielle leur a fait part de sa "solidarité" dans le combat contre le plan de réorganisation voulu par laboratoire pharmaceutique.

Le groupe a déclaré mardi qu'il prévoyait de supprimer environ 900 postes en France à l'horizon 2015 et a précisé que cette réduction d'effectifs se ferait sur la base du volontariat.

La vocation du site de Toulouse, qui emploie environ 600 chercheurs, "reste à préciser", a ajouté Sanofi, promettant un groupe de travail avec des représentants de la direction, du gouvernement et des acteurs publics locaux

"La molécule contre le cancer financier, c'est la lutte", a déclaré Jean-Luc Mélenchon aux salariés vêtus de blouses blanches, proposant de créer une procédure particulière en cas de "licenciements boursiers".

"Une loi contre les licenciements boursiers, ça prend le temps de l'amener à l'Assemblée, et c'est voté, ça peut être fait en deux jours. Et toc, Sanofi sera pris."

"ARRÊTER LES PLANS SOCIAUX"

Lors d'un déjeuner de presse, il a estimé que le cas de Toulouse était une "caricature de la financiarisation de l'économie".

"Il n'y a aucune raison liée à la vie de l'entreprise qui justifie les suppressions de poste. L'unique raison, c'est l'augmentation de la profitabilité", a-t-il fait valoir, citant un rapport du cabinet d'experts Syndex, mandaté par le comité central d'entreprise de Sanofi, selon qui le désengagement du site de Toulouse relève d'un "modèle financier".

Traçant un parallèle avec la situation des hauts fourneaux de Florange, qu'ArcelorMittal envisagerait de fermer, il a estimé que le problème était "le poids de la finance sur l'activité productive" et a exhorté le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg à agir davantage.

"J'éviterais de lui jeter des pierres parce que c'est à peu près le seul lien qui nous reste comme capacité d'être entendu par le gouvernement, mais il faut qu'Arnaud comprenne que ce que nous attendons de lui c'est pas seulement d'améliorer les plans sociaux, ce qui est bien, mais le sujet, c'est d'arrêter les plans sociaux."

UN ARBRE POUR "ENRACINER" LE CONFLIT

En présence de l'eurodéputé, les salariés de Sanofi ont planté un érable sur un terre-plein proche du site pour symboliser "l'enracinement" du conflit à l'occasion du 13e "jeudi de la colère" organisé depuis le mois de juillet.

Dominique Junyent, membre CFDT de l'intersyndicale, a dit avoir bon espoir qu'une réunion du groupe de travail promis par Sanofi pour examiner l'avenir du site toulousain puisse avoir lieu sous peu.

"A priori, on est dans l'idée qu'on pourrait avoir une réunion la semaine prochaine. On est en train de travailler, c'est une possibilité", a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité pour les syndicats d'obtenir une présentation claire des projets de la direction.

"Si la direction remet en question le site de Toulouse, il faut qu'elle le présente, au travers d'un document clair et pas au travers de réflexions rattachées à rien et qu'on ne peut pas analyser. On nous parle de 900 (suppressions d'emplois, NDLR), '900' posé comme ça, on a du mal à voir ce que ça veut dire, le volontariat on a du mal à voir ce que ça veut dire", a-t-elle déploré.

Pour riposter aux annonces du groupe pharmaceutique, l'intersyndicale a fait savoir qu'elle organiserait une journée de mobilisation mercredi prochain à Paris, jour de la réunion du comité de groupe.

Selon Dominique Junyent, 250 employés toulousains se sont d'ores et déjà inscrits pour participer à cette manifestation.

Edité par Yves Clarisse

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