Aulas évoque une loi " injuste et inéquitable "

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Aulas évoque une loi " injuste et inéquitable "
Aulas évoque une loi " injuste et inéquitable "

Le message est clair : Jean-Michel Aulas et ses collègues dirigeants du football français se battront jusqu'au bout pour la compétitivité des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. La question n'est pas de savoir s'ils payeront ou non la taxe à 75% sur les hauts revenus - ils devront forcément s'en acquitter - mais ce sont les modalités qui posent aujourd'hui plus de soucis. Le président de l'OL, en tête de la fronde, réclame qu'elle soit aménagée en fonction des recettes réelles des clubs. C'est en effet le caractère intemporel de cette loi qui justifie aujourd'hui la menace de grève des clubs pour le week-end du 30 novembre. Pas question donc de remettre en cause l'élaboration et l'application de celle-ci dans cette période de crise, il suffit simplement de trouver un terrain d'entente avec le gouvernement pour la rendre plus en adéquation avec les finances avérées des clubs. « On souhaite une négociation, une ouverture, un dialogue basé sur le paritarisme, a confié « JMA » lors d'un entretien accordé au Monde. On ne demande pas au gouvernement de renoncer aux principes de solidarité. On veut lui expliquer qu'actuellement la loi est injuste et inéquitable. »

Le gouvernement inflexible

C'est d'ailleurs le but de la rencontre avec François Hollande ce jeudi à l'Elysée. Un président de la République qui semble ferme et inflexible sur l'application de cette taxe, d'autant qu'il s'agissait de l'un des ses leitmotiv pendant la campagne présidentielle. Après le recul du gouvernement sur l'écotaxe, l'heure n'est plus aux atermoiements du côté du PS. L'opinion publique ne comprendrait pas un nouveau revirement de situation. « Le Président doit dire aux présidents de clubs de foot qu'il faut qu'ils mouillent le maillot pour notre pays », a expliqué le président du groupe PS à l'Assemblée Nationale, Bruno Le Roux, sur France Info. Même chose du côté du ministre du Travail, Michel Sapin, qui a insisté sur LCI : « Il ne faut pas mollir sur ce point parce qu'il n'y a aucune raison de le faire. » Dès lors, les dirigeants du football français devraient se heurter à un mur même si le président sera à l'écoute de leurs arguments. Jean-Michel Aulas s'explique : « Dans le football, les contrats dits à temps ne sont pas modifiables et les entreprises ne sont pas délocalisables. A l'issue de la médiation de jeudi avec le président de la République, on espère substituer à cette taxe " rétroactive " une autre qui s'inscrit dans le futur. On veut bien contribuer à cet effort de solidarité en payant peut-être sur une période plus longue et à partir de 2014. Cette taxe s'appliquerait sur les recettes concrètes et réelles des clubs. »

Lyon, Lille et Marseille durement touchés

Le combat s'annonce ardu pour les compagnons de lutte de JMA, Michel Seydoux (président de Lille), Jean-Pierre Louvel (président de l'UCPF et du Havre) et Frédéric Thiriez (président de la LFP). « On impose la masse salariale des clubs et des contrats signés avant la décision du gouvernement, s'offusque le président lyonnais. C'est une forme de prise d'otages. » Des mots forts dans le contexte actuel qui marquent bien la volonté des clubs de ne pas céder. Avec l'investissement de 400M? pour son futur « Stade des Lumières », l'OL ne s'attendait pas à devoir supporter cette nouvelle charge. Le président des Gones met en garde : « Pour économiser et trouver des recettes équivalentes à cette charge, je vais avoir plusieurs solutions devant moi : licencier ou vendre des joueurs tout en sachant que cela affaiblirait le niveau de la Ligue 1. » Mais l'OL ne sera pas le seul club à en payer les pots cassés. « Nous ne serions pas les seuls à être touchés par cette taxe, assure-t-il. Cet été, l'OM a beaucoup recruté en engageant plusieurs joueurs qui sont rétribués plus de un million d'euros annuels (?) Michel Seydoux (le président de Lille) a clairement indiqué qu'il ne pourrait pas payer cette taxe et qu'il risque de déposer le bilan. » Pas un mot sur Monaco en revanche qui bénéficie d'un statut particulier? pour le moment. Quant au club de la capitale, Aulas a bien son idée. « Ceux qui feront signer à leurs recrues des contrats avec des salaires de plus d'un million d'euros annuels seront taxés, confie-t-il. Cela ne fera pas boiter le PSG. » Si l'on comprend mieux aujourd'hui le combat acharné mené par le football français, l'opinion n'en a que faire. Et le président de la République a l'occasion de faire passer un message fort. Il n'a apparemment pas l'intention de s'en priver.

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