Audrey Azoulay : « Attention à la tentation populiste »

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Audrey Azoulay, ministre de la culture, le 9 juin.
Audrey Azoulay, ministre de la culture, le 9 juin.

Dans un entretien au « Monde », La ministre de la culture et de la communication promet d’accompagner financièrement l’ouverture des bibliothèques le dimanche et annonce la création d’une centaine de résidences d’artistes dans des écoles.

Audrey Azoulay parle d’une voix posée, le regard concentré, appuyant ses propos de ses longs doigts fins. Plus discrète que ses prédécesseurs rue de Valois, cette énarque de 43 ans, passée par le Centre national du cinéma (CNC) puis l’Elysée, nommée ministre de la culture et de la communication le 11 février, n’a qu’une petite année pour réconcilier le monde de la culture avec une gauche en déroute. C’est court.

Qu’est-ce qui vous a fait accepter ce poste, à un an de la présidentielle ?

C’est la plus belle mission qui soit. La France serait différente sans la politique culturelle qui a été menée depuis soixante ans. C’est notre force, notre colonne vertébrale – même si elle a sa fragilité.

A son arrivée, chaque ministre répète le même discours : la culture rapporte de l’argent et protège contre la barbarie. Est-ce aussi le vôtre ?

Economie et culture ne s’opposent pas, elles se nourrissent : c’est là ce qui fait la finesse de notre politique culturelle. Quand on met en place un crédit d’impôt sur le cinéma, on pérennise toute une industrie, qui va ensuite servir la création.

Mais ­l’impact sur l’économie ne doit pas être la justification première de notre politique culturelle, ­sinon on la traiterait au ministère de l’industrie. La culture, c’est ce qui nous lie, ce qui fonde notre humanité. On a trop pris l’habitude de tout justifier en ­termes économiques, de marché unique, y compris notre ­politique culturelle.

Un quinquennat, trois ministres, une même politique. P...

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