Aucune ambiguïté entre Paris et Berlin, assure Jean-Marc Ayrault

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JEAN-MARC AYRAULT NE VOIT AUCUNE AMBIGUÏTÉ ENTRE PARIS ET BERLIN
JEAN-MARC AYRAULT NE VOIT AUCUNE AMBIGUÏTÉ ENTRE PARIS ET BERLIN

par Elizabeth Pineau

BERLIN (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a assuré jeudi qu'il n'y avait "aucune ambiguïté" entre Paris et Berlin sur la gestion de la crise par la France, assurant que son pays retrouvait "confiance" grâce aux réformes engagées par le gouvernement qu'il dirige.

En visite officielle en Allemagne, le Premier ministre français a répondu à ceux, notamment les "Sages" qui conseillent le gouvernement allemand, qui jugent que la France ne va pas assez loin dans les réformes, notamment en matière de déficits publics et de réforme du marché du travail.

"Il n'y a pas d'ambiguïté. Il y a eu quelques articles récemment dans la presse allemande qui ne correspondent pas à la réalité", a-t-il dit lors d'un point de presse devant l'ambassade de France, à deux pas de la porte de Brandebourg.

"Ce qui est très important, c'est de créer la relation personnelle. Il peut y avoir des approches politiques différentes, des solutions différentes, mais c'est très important de se comprendre et de s'apprécier", a ajouté le dirigeant socialiste, peu avant une rencontre avec la chancelière conservatrice, Angela Merkel.

Dans un discours prononcé lors d'un congrès organisé par le quotidien Süddeutsche Zeitung, Jean-Marc Ayrault a évoqué un "intérêt croisé naturel" entre "deux Etats qui ont décidé de lier leurs destins et qui constituent le moteur de l'Europe".

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a abondé dans le même sens à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre français.

"L'Europe ne marche que si la France et l'Allemagne sont ensemble", a-t-il dit. "Nous avons toujours respecté les décisions souveraines dans les élections en Allemagne et en France mais les élus ont la responsabilité de coopérer."

A une semaine du Conseil européen de Bruxelles consacré au budget de l'UE de 2014 à 2020, Jean-Marc Ayrault a invité à "tourner la page" de la crise, se félicitant du "consensus sur le fait qu'il ne saurait y avoir une Europe sans solidarité".

"L'Europe est aujourd'hui à un tournant historique, j'ose le mot", a-t-il dit. "Nous devons aujourd'hui passer de l'urgence à l'avenir".

INDICATEURS PROMETTEURS

Hasard du calendrier, sa visite a coïncidé avec la publication des chiffres annonçant que les économies française et allemande avaient dégagé une croissance de 0,2% au troisième trimestre tandis que l'ensemble de la zone se contractait de 0,1% pour entrer dans une nouvelle phase de récession.

"Ces indicateurs sont prometteurs mais ils ne sont pas suffisants", a dit le Premier ministre à la presse dès son arrivée dans la capitale allemande, où il s'est entretenu avec le président Joachim Gauk. "Le combat pour la croissance est engagé et on ne doit absolument pas faiblir."

Dans son discours, Jean-Marc Ayrault a résumé l'action menée par son gouvernement, confirmant l'objectif de ramener le déficit public à 3% en 2013 et de faire aboutir la négociation avec les partenaires sociaux en vue d'amorcer "un tournant historique dans l'organisation de notre marché du travail".

"La France regarde l'avenir avec confiance malgré la crise économique qui frappe notre continent", a dit le Premier ministre français en fin de discours en allemand, une langue qu'il maîtrise pour l'avoir enseignée par le passé.

Dans un entretien au journal de centre-gauche Süddeutsche Zeitung, le Premier ministre tient un discours de fermeté à l'égard de l'Allemagne, un pays "qui a aussi profité de l'Europe" et "grandi grâce aux exportations".

"L'Allemagne a des problèmes. La population allemande vieillit plus vite que la française, ce qui pose des problèmes de retraite et pour le système social", rappelle-t-il. "Cette compréhension pour les problèmes d'un autre pays, je l'attends pour mon pays".

Jean-Marc Ayrault règle aussi ses comptes avec l'ancien chancelier Gerhard Schröder, qui a récemment affirmé que les promesses du président français François Hollande allaient se heurter au mur des réalités. "Nous n'avons pas de leçon a recevoir", dit-il.

Edité par Yves Clarisse

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  • M4630217 le jeudi 15 nov 2012 à 15:52

    " Nous n'avons pas de leçons à recevoir" c'est oublier celles qu'ils ont donnés à longueur de temps !

  • ANOSRA le jeudi 15 nov 2012 à 15:51

    On pourrait le croire si c'était Berlin qui l'affirmait :-), mais comme notre premier ministre avait affirmé qu'il n'y aurait pas de hausse de TVA, sa parole ne vaut plus grand chose! Et "nous n'avons pas de leçon à recevoir", voilà bien une attitude de prof!!!

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