Aucun raid aérien contre Alep depuis 7 jours, dit Moscou

le , mis à jour à 15:16
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    * Un groupe naval russe fait route vers les côtes syriennes 
    * Il compte l'unique porte-avions russe... 
    * ... avec des dizaines de chasseurs-bombardiers à son bord 
    * L'OSDH fait état de raids aériens mardi à l'ouest d'Alep 
 
 (Précisions sur le groupe naval russe et sur des raids à Alep) 
    par Andrew Osborn et Lisa Barrington 
    MOSCOU/BEYROUTH, 25 octobre (Reuters) - Moscou a assuré 
mardi que les avions syriens et russes n'avaient mené aucun raid 
à Alep depuis que les Russes ont annoncé voici une semaine la 
suspension de leurs bombardements aériens, ce qui contredit 
l'OSDH d'après lequel les raids aériens ont repris samedi contre 
certains secteurs de la ville. 
    Selon le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère 
 de la Défense, l'aviation russe et syrienne n'a ni survolé ni 
bombardé la ville depuis mardi dernier, jour où Moscou avait 
suspendu ses frappes aériennes en préalable à une pause dans les 
hostilités au sol. 
    "Le survol d'Alep par les forces russes et syriennes a 
totalement cessé depuis sept jours", a déclaré le porte-parole. 
    Les six corridors humanitaires destinés à permettre le 
départ des habitants des quartiers d'Alep contrôlés par les 
rebelles sont toujours ouverts, a ajouté le ministère de la 
Défense. 
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 
les frappes aériennes ont bel et bien repris samedi, touchant la 
ligne de front dans le sud-ouest de la ville. Aucun décès n'a 
été signalé dans la partie orientale d'Alep, ajoute l'OSDH, ce 
qui laisse penser qu'il n'y a pas eu d'attaque aérienne contre 
ce secteur-là de la ville. 
    Et pour Ibrahim Abou al Laïs, l'un des responsables de la 
défense civile à Alep-Est, des raids aériens et des pilonnages 
ont bien visé la moitié rebelle de la ville, au cours de la 
semaine écoulée, même s'il y en a eu sensiblement moins que 
d'ordinaire. 
    Certains quartiers des faubourgs à l'ouest d'Alep ont été la 
cible de raids aériens mardi, indique l'OSDH. 
    L'Onu a annoncé lundi qu'elle renonçait à ses plans 
d'évacuation des civils en reprochant à toutes les parties au 
conflit d'avoir fait obstacle à un accord. 
     
    UN GROUPE NAVAL RUSSE FAIT ROUTE VERS LA SYRIE 
    "Les évacuations ont été empêchées par divers facteurs, dont 
les délais avec lesquels les autorités (rebelles) d'Alep-Est ont 
donné les feux verts nécessaires, les conditions posées par les 
groupes armés non étatiques et les objections du gouvernement 
syrien à l'acheminement de l'aide médicale et humanitaire dans 
la partie orientale de la ville", déclare le sous-secrétaire 
général pour les Affaires humanitaires de l'Onu, Stephen 
O'Brien, dans un communiqué. 
    Moscou avait annoncé une "pause humanitaire" de quelques 
heures pour jeudi dernier à Alep mais a dans les faits suspendu 
ses bombardements pendant trois jours en appelant les insurgés 
et les civils à saisir cette opportunité pour quitter la ville. 
    Un tel exode ne s'est pas produit même si, d'après le 
ministère russe de la Défense, une cinquantaine de femmes et 
enfants ont fui la ville lundi soir "avec l'aide de la Russie". 
    La population d'Alep-Est est estimée à environ 250.000 
personnes et l'Onu, qui n'a plus aucun accès aux quartiers 
insurgés depuis que les forces pro-gouvernementales ont achevé 
leur encerclement en juillet, a indiqué qu'aucun civil n'avait 
pu être évacué de la ville ces derniers jours. 
    De son côté, l'Otan a appelé mardi Moscou à mettre en place 
un cessez-le-feu durable à Alep et dit craindre que le groupe 
naval russe qui se dirige actuellement vers la Syrie ne serve à 
bombarder les civils pris au piège dans la ville. Parti du nord 
de la Russie, ce groupe naval, qui a franchi la Manche vendredi 
et se rapproche de Gibraltar, se compose de huit bâtiments : le 
seul porte-avions russe, l'Amiral-Kouznetsov, un croiseur à 
propulsion nucléaire, deux navires anti-sous-marins et quatre 
navires de soutien, selon des responsables de l'Otan. 
    A bord du porte-avions se trouvent des dizaines de 
chasseurs-bombardiers et d'hélicoptères. Les huit navires de ce 
groupe naval vont rejoindre la dizaine de bâtiments de guerre 
russes d'ores et déjà au large de la Syrie, ont déclaré des 
diplomates. 
 
 (Avec Robin Emmott à Bruxelles et Maria Kiselyova à Moscou; 
Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français) 
 
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  • Berg690 il y a 12 mois

    L'OSDH ment !