Aubry et Ayrault jouent l'union en vue du congrès du PS

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UNION AFFICHÉE AVANT LE CONGRÈS DU PS
UNION AFFICHÉE AVANT LE CONGRÈS DU PS

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault ont officialisé mercredi devant le conseil national du Parti socialiste leur contribution commune pour le prochain congrès de la formation majoritaire, destinée à marquer l'osmose entre le parti et l'exécutif.

Symbole de ce "rassemblement" sur des bases nouvelles liées à la victoire du PS à la présidentielle et aux législatives, la première secrétaire du PS et le Premier ministre sont arrivés ensemble à la réunion du "parlement" du parti.

"Nous avons besoin d'un parti qui aide le gouvernement à réussir dans la durée, mais aussi qui prépare l'avenir", a expliqué Jean-Marc Ayrault aux journalistes.

Le chef du gouvernement et la dirigeante du PS ont invité ministres et dirigeants à signer ce texte, intitulé "réussir le changement", à l'exclusion de tous les autres.

Cette injonction a irrité l'aile gauche du parti, qui leur reproche de vouloir verrouiller le PS à travers une motion unique pour le congrès de Toulouse, à l'automne.

Passant outre, 21 mouvances ou personnalités ont déposé des contributions. Mais rien ne dit qu'elles se transformeront en motions en septembre et le congrès s'oriente vers une motion Aubry-Ayrault ultra majoritaire.

Martine Aubry, qui ne semble plus exclure ces dernières semaines de briguer un nouveau mandat après avoir annoncé sa décision de laisser les rênes du PS au prochain congrès, fait toujours durer le suspense.

Elle a invité mercredi les journalistes à cesser de sonder ses états d'âme : "C'est moi-même qui ai souhaité quitter le Parti socialiste dès que les conditions étaient réunies. Je crois qu'un grand pas est fait aujourd'hui".

Selon un proche, la maire de Lille est toujours dans l'idée d'un départ et veut laisser un parti en ordre de marche et assurer la relève. "Une succession, ça se construit pas à pas", a dit ce proche à des journalistes.

Un membre du gouvernement a ajouté : "Martine m'a dit qu'elle voulait partir et je pense qu'elle est sincère".

L'initiative de la première secrétaire a en tout cas tué dans l'oeuf les velléités de candidature des partisans historiques de François Hollande, tandis que les ministres qui planchaient sur des contributions les ont remisées au placard.

PESER SUR LES FUTURS POSTES

Le conseil national enregistre le dépôt de "contributions", qui donneront des indices sur les futurs rapports de force internes, avant les "motions" du Congrès qui définiront le prochain partage des postes et la ligne politique.

Martine Aubry a jusqu'au Conseil national de synthèse du 12 septembre pour dévoiler ses intentions.

Selon Jean-Marc Ayrault, "l'immense majorité des socialistes" s'est rangée derrière sa démarche avec Martine Aubry mais chacun reste libre de signer ou non leur texte.

Le ministre délégué à l'Economie solidaire, Benoît Hamon, représentant de l'aile gauche du PS, s'est ainsi démarqué en signant la contribution "Réaliser le changement" déposée par ses proches de la mouvance "Un monde d'avance" (UMA).

Il n'en est toutefois pas le premier signataire et UMA ne présentera pas de candidat au poste de premier secrétaire, a dit à Reuters l'un de ses proches, Régis Juanico. UMA se prononcera sur l'opportunité de présenter une motion au congrès d'ici au conseil national de synthèse du 12 septembre.

Autre texte déposé: "De la rénovation à l'innovation", émanant de proches d'Arnaud Montebourg. Mais le ministre du Redressement productif, accaparé par sa mission gouvernementale, ne signera aucune motion.

Craignant un congrès sans débat, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann a également déposé une contribution, "Le Temps de la gauche". "Comment le parti peut-il sortir grandi si l'on ferme le débat ? N'ayons pas peur des débats qui traversent la gauche et toute la société", a-t-elle dit aux journalistes.

Ces initiatives permettent à leurs auteurs de marquer leur différence, en particulier sur la question européenne et le rôle des services publics. Marie-Noëlle Lienemann a déjà annoncé qu'elle ne voterait pas le traité de stabilité européen.

Elles visent aussi à peser sur les postes de direction au PS, détenus depuis 2008 par les proches de Martine Aubry.

Edité par Yves Clarisse et Patrick Vignal

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