Au Vietnam, Fidel Castro reste un héros

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Nguyen Thi Huong lit un journal local annonçant la mort de Castro, chez elle, dans la province de Quang Tri, le 27 novembre 2016 ( AFP / STR )
Nguyen Thi Huong lit un journal local annonçant la mort de Castro, chez elle, dans la province de Quang Tri, le 27 novembre 2016 ( AFP / STR )

Près de 16.000 kilomètres séparent Cuba du Vietnam. Mais depuis la mort de Fidel Castro, Nguyen Thi Huong est inconsolable. Il y a 43 ans, en pleine guerre du Vietnam, le leader cubain avait sauvé la vie de cette jeune communiste.

En septembre 1973, le Cubain est le premier dirigeant étranger à se rendre dans la province de Quang Tri, dans le centre du Vietnam, que les communistes viennent de conquérir.

Il reste de ce passage une célèbre photo de Fidel Castro en uniforme vert en train d'agiter le drapeau du Front national de libération - et une anecdote érigée en symbole de l'amitié entre les deux nations communistes: le sauvetage de Nguyen Thi Huong.

Couronne de fleurs du parti communiste vietnamien et portrait de Fidel Castro devant l'ambassade cubaine à Hano&i
Couronne de fleurs du parti communiste vietnamien et portrait de Fidel Castro devant l'ambassade cubaine à Hanoï le 28 novembre 2016 ( AFP / HOANG DINH NAM )

Cette jeune volontaire communiste a tout juste 17 ans quand elle est blessée par des éclats d'une bombe américaine, pendant la visite de Castro dans la région.

"Je tentais d'arrêter le saignement avec mes mains", raconte-t-elle à l'AFP. "Avant de m'évanouir sur la route, j'ai vaguement aperçu un grand homme blanc avec une barbe", poursuit celle qui est aujourd'hui fermière.

Castro l'a transportée dans sa voiture jusqu'à un hôpital, lui sauvant ainsi la vie. "Je le considérais comme un second père. Sans lui, je serais morte il y a 43 ans", ajoute Nguyen Thi Huong, en larmes, ajoutant se sentir "si triste de le savoir mort".

Au Vietnam communiste, depuis l'annonce de la mort de Fidel Castro, les journaux officiels ont multiplié les panégyriques de celui qui est vu comme un allié de toujours de la cause vietnamienne.

"Pour le Vietnam, Cuba est prêt à donner son sang", aurait une fois déclaré Castro, une phrase largement utilisée par la propagande vietnamienne.

Castro avait reçu un accueil digne d'une rock-star lors de sa première visite, en 1973: des milliers d'habitants s'étaient pressés sur le bord des routes pour apercevoir le dirigeant cubain venu rencontrer les soldats communistes.

- 'Soutien pour les soldats' -

"La visite de Castro à Quang Tri a donné du prestige à notre lutte et confirmé notre droit légitime sur cette terre", estime l'historien Pham Xuan Nam.

"C'était une étape importante et l'affirmation que le Vietnam et Cuba étaient des frères et des camarades", a-t-il ajouté.

Les relations ont perduré malgré l'effondrement de l'Union soviétique et la fin de la Guerre froide. Le président vietnamien, Tran Dai Quang, est d'ailleurs le dernier chef d'Etat à avoir rendu visite à Castro, le 16 novembre dernier, soit 10 jours avant sa mort.

Castro, lors de sa visite au Vietnam en septembre 1973. L'aura du leader cubain est particulièrement forte chez l
Castro, lors de sa visite au Vietnam en septembre 1973. L'aura du leader cubain est particulièrement forte chez les anciens combattants ( AVI/AFP/Archives / - )

De son côté, Castro est revenu deux fois au Vietnam: en 1995 et 2003 alors même que les relations entre Hanoï et les Etats-Unis, l'ennemi commun, s'étaient déjà réchauffées.

Cuba a même contribué aux efforts de reconstruction après guerre et financé des projets d'infrastructures.

Lors du dernier voyage de Castro au Vietnam en 2003, il avait été immortalisé au côté du général Vo Nguyen Giap, bavardant et riant sous un portrait de Lénine. Giap, héros de la bataille de Diên Biên Phu contre la France coloniale, est décédé fin 2013.

Loin des critiques de despotisme habituelles, Castro est encore vénéré au Vietnam, particulièrement parmi les communistes qui l'ont vu à Quang Tri en 1973.

Castro rencontre le général Vo Nguyen Giap, vainqueur de la bataille de Diên Biên Phu lors de la gu
Castro rencontre le général Vo Nguyen Giap, vainqueur de la bataille de Diên Biên Phu lors de la guerre du Vietnam, chez lui à Hanoï le 22 février 2003 ( AFP/Archives / HOANG DINH NAM )

"Je n'oublierai jamais son discours quand il a déclaré que le drapeau révolutionnaire qu'il tenait à la main serait sûrement un jour à Saïgon", s'émeut Le Van Hoan, membre du parti communiste âgé de 85 ans.

"La visite de Castro a été un honneur et un grand soutien pour les soldats de la région", dit celui qui se souvient d'avoir alors pleuré dans la foule.

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  • M7163258 il y a une semaine

    g.joly1 "la subtilité." Peu importe les raisons de la révolutions certainement justifiées il y avait une dictature... Mais c'était le moment d'installer une démocratie pas une autre dictature, m^me si apparemment vous avez un faible pour celles de gauche...

  • g.joly1 il y a une semaine

    M7163258 : justement non. Vous lisez mal ou ne comprenez pas ce que j'ai écrit. Je parle de personnes interrogées dans la rue et qui critiquent le régime. Bref, quant je parle des fantasmes hystérisés dont souffrent certains dans ce forum, j'ai pas tort.

  • M7163258 il y a une semaine

    L’extrême gauche en France et sa vision romanesque de la révolution Cubaine! Cela serait drôle si on oubliait la misère Cubaine, tous les opposants au régime éliminés durant ces 50 années, ces boat people morts en mer en cherchant à gagner les Etat Unis etc...

  • M7163258 il y a une semaine

    g.joly1 Les personnes qui restent dans la rue à cuba sont celles qui se sont fait bourrer le crane par l'éducation à la gloire de la révolution cubaine, Les autres sont soit: morts, soit en prison, soit en exile, soit aux Etat-Unis!

  • g.joly1 il y a une semaine

    M7163258 : pouvez vous nous expliquer ce qui est bidonné, s'il vous plait ? Merci.

  • g.joly1 il y a une semaine

    Franchement; si j'en juge par ce que je vois à la télé comme tout à l'heure sur FR2, je ne connaît pas beaucoup de dictatures où les médias occidentaux peuvent interroger des personnes dans la rue qui déclarent sans crainte que Castro était un dirigeant qui ne respectait pas les droits de l'homme (ce qui est en partie vrai mais loin des fantasmes hystérisés de certains). On nous mentirait ?

  • M7163258 il y a une semaine

    Voir la propagande et les programmes scolaires bidonnés!