Au tribunal, Jérôme Cahuzac endosse le costume de martyr du financement politique de Michel Rocard

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Jerome Cahuzac au Palais de justice de Paris le 5 septembre 2016.
Jerome Cahuzac au Palais de justice de Paris le 5 septembre 2016.

L’ancien ministre du budget a surpris, lundi 5 septembre, au premier jour de son procès pour « fraude fiscale », « blanchiment de fraude fiscale » et déclaration mensongère de patrimoine.

On se serait donc trompé. Jérôme Cahuzac ne serait pas cet homme d’argent qui, après avoir renoncé à une carrière hospitalière publique dans la chirurgie cardio-vasculaire au profit de l’activité privée beaucoup plus rémunératrice des implants capillaires, aurait poursuivi sa quête lucrative en monnayant auprès des laboratoires pharmaceutiques les relations qu’il avait nouées avec la haute administration et les décideurs politiques lors de son passage comme conseiller de Claude Evin, dans les années 90, au ministère de la santé. Il ne serait pas non plus ce ministre socialiste du budget héraut de la lutte contre la fraude fiscale, englué dans une affaire de dissimulation d’avoirs personnels à l’étranger.

Non, Jérôme Cahuzac serait en réalité un rocardien passionné qui, pour soutenir l’ambition présidentielle de son héros, aurait accepté de se dévouer jusqu’au martyre. Qui, par conviction militante, aurait pris le risque d’ouvrir en toute illégalité, en 1992, un compte en Suisse pour y abriter un trésor de guerre destiné à Michel Rocard, après avoir convaincu les laboratoires pharmaceutiques de l’alimenter. Qui ensuite, par fidélité et honneur, aurait gardé pour lui ce lourd secret politique, en lui sacrifiant sa propre carrière et une partie de sa vie. Et qui, au prix d’une lutte douloureuse entre sa conscience et sa peau à sauver, se serait finalement résigné à lever le mystère devant ses juges. Tel est le portrait que l’ancien ministre a dressé de lui-même, lundi 5 septemb...

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  • M940878 il y a 6 mois

    rackets fourberies mensonges sont l'apanage du socialisme