Au Svalbard, dans la chambre forte des semences

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Au Svalbard, la chambre forte des semences.
Au Svalbard, la chambre forte des semences.

Sur cette île du grand Nord, protégé par la solitude et le froid, est conservé tout ce qui reste de dix mille ans d’agriculture.

La structure de béton émerge de la montagne, à près de 150 mètres en surplomb de la mer. Sa silhouette triangulaire se détache du manteau neigeux dans une lumière crépusculaire qui, en cette saison, dure tout le jour. Sur son flanc, une double porte métallique surmontée d’une grille de ventilation dissipe l’étrangeté du monument. Ce n’est pas une œuvre d’art posée par un architecte brutaliste un peu fou au cœur des paysages escarpés de l’île de Spitzberg, dans l’archipel arctique du Svalbard : c’est l’entrée de quelque caverne, d’une galerie dissimulée sous la montagne. Ici, au-delà du cercle polaire, le gouvernement norvégien a creusé, sous des centaines de mètres de roche et de glace, la « chambre forte mondiale des semences » (Global Seed Vault, en anglais). Tout ce qui reste de dix mille ans d’agriculture est supposé être là, protégé par la solitude et le froid.

A un kilomètre en contrebas, un maigre ruban de bitume à fleur d’eau tient lieu d’aéroport. A quelques centaines de mètres vers l’est, on distingue Longyearbyen, deux mille habitants, le bourg le plus septentrional de la planète, à 1 000 kilomètres à peine au-dessous du Pôle nord – à ces latitudes, l’Alaska fait figure de grand Sud. Longyearbyen, c’est quelques baraquements de bois, éparpillés en grappes et qui s’étirent au creux d’une vallée glaciaire débouchant sur la mer. Vu d’avion, le village pourrait passer pour une petite colonie humaine égarée sur une lointaine planète d’à-pics et de glaces.

La singula...

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