Au restaurant, le petit noir perd du terrain

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Un Français sur trois termine son repas au restaurant par un café. C'était un sur deux en 2002. Les restaurateurs cherchent la parade.

Paradoxal café. Alors que les enseignes consacrées à ce breuvage ne cessent de se multiplier et que la guerre des dosettes fait rage entre Nespresso et ses concurrents, le petit noir fait moins recette au restaurant. Selon les chiffres du cabinet spécialisé Gira conseil, alors qu'un client sur deux accompagnait son repas d'un café en 2002, ils n'étaient plus qu'un sur trois à faire de même en 2013 et le déclin se poursuit.

Un phénomène qui s'explique notamment par l'explosion de l'équipement des domiciles et des bureaux en bonnes machines à cafés, ainsi que par l'interdiction de fumer dans les restaurants, sans oublier une qualité du produit qui n'est pas toujours au rendez-vous. Pour ne rien arranger, les prix restent globalement à la hausse. Selon l'indice café 2014 réalisé par Gira conseil, les prix du café hors du domicile, tous circuits de distribution confondus, ont augmenté de 4,7% en deux ans pour s'afficher à 1,56 euros. Et c'est dans les restaurants traditionnels que la dose de caféine est la plus chèrement tarifée: 2,32 euros. Même si les prix ont beaucoup moins augmenté (+0,9%) que dans les cantines ou les distributeurs automatiques.

«Les ventes de machines à expresso pour les particuliers nous ont fait beaucoup de tort, admet Marcel Benezet, président des cafés bars et brasserie au syndicat Synhorcat. Mais peut-être aussi ne nous sommes-nous pas assez intéressés au produit. Aujourd'hui, un café se déguste, il doit faire voyager le client.» Pour faire face à ce déclin, l'un des meilleurs alliés des restaurateurs reste le café gourmand, cet assortiment de desserts acompagné d'un petit noir.

Sélection de mignardises

«Plus l'offre de café gourmand est importante et variée et plus le consommateur aime ça», note Bernard Boutboul, directeur de Gira conseil. Selon lui, 65% des restaurants proposent aujourd'hui ce dessert et dans un cas sur deux c'est la meilleur vente. Les plus dynamiques proposent désormais ce produit à toute heure de la journée. D'autres comme Harrod's, à Londres, permettent aux clients de faire leur sélection de mignardises. Dernière tendance: proposer plusieurs références de cafés gourmands comme le font certains restaurants indépendants voire des chaînes telles que Moutarde Street affichant un café gourmand français, un américain et un tout café.

Une autre piste est testée avec, semble-t-il, moins de succès: celle de l'abonnement. La petite chaine Alto café a lancé ainsi son Pass espresso illimité moyennant 24,90 euros par mois tandis qu'Anticafé propose trois adresse à Paris où les clients disposent du Wi-Fi, du café et de snacks à volonté moyennant un prix à l'heure (4 euros), à la journée (16 euros) ou à la semaine (75 euros). Quant à Cafés illimités, une initiative lancée en début d'année, elle a fermé dès cet été. Ce réseau fédérant près de 200 restaurants traditionnels, où les clients se voyaient offrir le café moyennant un abonnement de 4 euros par mois et une obligation de manger quelque chose, a trouvé un meilleur écho auprès des restaurateurs que des consommateurs.

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