Au Mozambique, la renaissance du parc de Gorongosa

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Un éléphant dans le parc national de Gorongosa en mai 2016.
Un éléphant dans le parc national de Gorongosa en mai 2016.

Joyau de biodiversité, cette réserve détruite par des années de guerre civile revit grâce au pari d’un millionnaire américain.

Sur la route ensablée qui s’enfonce dans le parc de Gorongosa, des dizaines de singes traînent avec nonchalance. A l’approche du pick-up, ils s’éloignent d’abord machinalement, avant de disparaître instantanément dans la jungle environnante. Comme pour emporter avec eux un secret à garder absolument.

A l’endroit même où se termine le Grand rift africain, Gorongosa est un paradis oublié, qui renaît doucement de ses cendres. Situé au cœur du Mozambique, le parc a payé un lourd tribut à la guerre civile (1976-1992), qui a laissé ce pays d’Afrique australe exsangue. Plus de 90 % des grands mammifères ont été décimés. Mais alors que des différends politiques non réglés font ressurgir le conflit aux abords du parc, le pari de sa restauration est en passe d’être remporté.

L’homme clé de ce chantier titanesque est un millionnaire américain. Greg Carr a fait sa fortune dans les messageries vocales et, aux balbutiements d’internet, le fournisseur d’accès Prodigy. La quarantaine approchant, il revend ses activités pour se consacrer à la philanthropie, juste avant le changement de millénaire. A Harvard, où un centre de recherche sur les droits de l’homme porte son nom, il rencontre le président mozambicain d’alors, Joaquim Chissano, le premier à être démocratiquement élu.

Il se prend de passion pour le Mozambique, étudie les différents défis qui se pose à l’un des dix pays les plus pauvres au monde. « Des pays voisins comme le Kenya, la Tanzanie, avaient quelque chose que le Mozambi...

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