Au moins 60.000 morts dans les prisons syriennes en 5 ans-OSDH

le
1
    BEYROUTH, 22 mai (Reuters) - Au moins 60.000 personnes ont 
péri dans les prisons gouvernementales depuis le début du 
conflit syrien, il y a cinq ans, estime l'Observatoire syrien 
des droits de l'homme (OSDH) dans un rapport publié dimanche. 
    Aucun responsable du régime de Damas n'était disponible dans 
l'immédiat pour commenter le contenu de ce rapport qui s'appuie 
des sources proches de l'appareil d'Etat pour établir son bilan. 
    "Pas moins de 60.000 détenus sont morts en martyrs, que ce 
soit des suites d'actes de torture ou de privations de 
nourriture et de médicaments", dit l'OSDH. 
    Son directeur, Rami Abdoulrahmane, dit être parvenu à ce 
chiffre en additionnant des données qui lui ont été communiqués 
par des sources au sein des prisons syriennes et des agences de 
sécurité du pays. 
    Plus de 20.000 détenus sont morts dans la prison de Sednaïa, 
 près de Damas. L'OSDH dit avoir eu confirmation de la mort de 
14.456 personnes, dont 110 mineurs, depuis 2011. 
    Rami Abdoulrahmane explique que ses sources sont des 
responsables en postes qui souhaitent exposer la situation et 
que l'OSDH a réuni ces informations depuis le début de l'année. 
    Dans un rapport rendu public en février, l'Onu a déploré une 
politique "d'extermination du régime" qu'elle a assimilée à un 
crime contre l'humanité.   
    "Nous savons qu'un grand nombre de personnes sont mortes en 
détention en Syrie", a déclaré Nadim Houry, directeur-adjoint de 
Human Right Watch pour le Moyen Orient et l'Afrique du Nord, 
lors d'un entretien téléphonique accordé à Reuters. 
    "Le seul moyen de connaître la réalité des chiffres, c'est 
de permettre à des observateurs indépendants de visiter les 
centres de détention", a-t-il ajouté. 
    En 2013, "César", un photographe de l'armée syrienne est 
parvenu à faire sortir des dizaines de milliers de photos prises 
entre mai 2011 et août 2013 montrant les corps de 6.786 
personnes ayant péri dans les geôles du régime. 
    Dans une interview donne 2015, le président Bachar al Assad 
a qualifié ces clichés "d'allégations dénuées de preuves" 
s'inscrivant dans le cadre d'un complot financé par le Qatar. 
    "Que ce soit 60.000 ou 30.000, le chiffre est colossal. 
Malgré les photos de César, malgré les nombreux rapports, il n'y 
a pas de répercussion internationale", a souligné Nadim Houry.  
 
 (Nicolas Delame pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • delapor4 il y a 8 mois

    L'Etat syrien est trop clément. Les terroristes payés par Washington et Hollande (Fabius : "Al-Nosra fait du bon boulot") eux ne font pas de prisonniers.