Au moins 34 morts dans une série d'attentats à Bagdad

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VAGUE D'ATTENTATS À BAGDAD
VAGUE D'ATTENTATS À BAGDAD

BAGDAD (Reuters) - Une nouvelle vague d'attentats à la voiture piégée a tué au moins 34 personnes et fait plus de 100 blessés jeudi à Bagdad, poussant le ministère de l'Intérieur à s'engager à éviter que l'Irak prenne une voie comparable à celle de la Syrie, en pleine guerre civile.

L'une des attaques a eu lieu à 200 ou 300 mètres de la "zone verte", le complexe diplomatique ultra-sécurisé de la capitale irakienne, faisant quatre morts et 12 blessés, ont dit des sources policières.

La "zone verte", qui abrite les représentations diplomatiques occidentales, et le ministère des Affaires étrangères situé non loin sont régulièrement pris pour cible par des groupes islamistes sunnites, souvent liés Al Qaïda.

L'augmentation ces derniers mois des attentats, qui ont retrouvé un niveau sans précédent depuis 2008, visant les autorités et la communauté chiite, a ravivé les craintes de voir le pays sombrer de nouveau dans un conflit intercommunautaire, 18 mois après le départ des troupes américaines.

"Les rues irakiennes sont devenues un champ de bataille pour des individus sectaires qui sont motivés par la haine et des diktats religieux, et osent tuer des gens innocents", a déclaré le ministère de l'Intérieur dans un communiqué d'une franchise inhabituelle.

"C'est notre destin de gagner cette bataille qui a pour objectif de détruire le pays et de le transformer en une autre Syrie", a-t-il ajouté.

ATTENTATS PRESQUE QUOTIDIENS

Les attaques ont eu lieu dans le centre de la capitale, dans l'est, dans le nord et dans le sud, y compris dans des quartiers chiites, ont précisé des sources policières.

A Baladiyat, dans l'est de la ville, l'explosion d'une voiture piégée a fait cinq morts et 17 blessés près d'un poste de police.

"Les fenêtres ont volé en éclats et mes enfants ont commencé à pleurer et à courir partout, ma maison était emplie de fumée et de poussière", a raconté un homme blessé par des éclats de verre qui s'est refusé à donner son nom.

"Les politiciens sont responsables de la détérioration de la sécurité", a-t-il ajouté.

Dans le quartier d'al Chourta al Rabaa, une bombe a explosé sur une remorque chargée de bonbonnes de gaz, tuant quatre personnes et en blessant 18 autres, a déclaré la police.

A Husseïnia, un quartier des faubourgs du nord-est de Bagdad, trois personnes ont été tuées et 14 autres blessées par l'explosion d'un minibus piégé que son conducteur avait garé chez un garagiste.

Depuis le début de l'année, les attentats à la voiture piégée sont devenus pratiquement quotidiens en Irak. Plus de 1.000 personnes ont été tuées dans des violences en juillet selon les Nations unies.

Les autorités ont procédé récemment à une série d'arrestations dans le cadre d'une campagne censée ramener la sécurité dans le pays et mercredi, le Premier ministre Nouri al Maliki, de confession chiite, a déclaré que la répression allait se poursuivre.

De leur côté, les Etats-Unis ont promis de coopérer avec le gouvernement irakien pour lutter contre Al Qaïda et le dossier est au menu de la visite que le ministre irakien des Affaires étrangères, Hochiar Zebari, effectue ce jeudi à Washington.

Kareem Raheem; Tangi Salaün, Marc Angrand et Julien Dury pour le service français

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