Au moins 20 morts et des otages dans un hôtel au Burkina Faso

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 (Actualisé avec bilan, ministre, précisions) 
    par Mathieu Bonkoungou et Nadoun Coulibaly 
    OUAGADOUGOU, 16 janvier (Reuters) - Des islamistes présumés 
ont tué au moins une vingtaine de personnes et en ont pris 
plusieurs autres en otage vendredi soir dans un hôtel du centre 
de Ouagadougou très fréquenté par les Occidentaux, ont annoncé 
les autorités du Burkina Faso et le directeur d'un hôpital. 
    L'attaque lancée en début de soirée contre l'hôtel Splendid, 
un établissement fréquenté par des étrangers situé dans le 
quartier des affaires de la capitale burkinabè, a été 
revendiquée par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), rapporte 
l'organisation SITE, spécialisée dans la surveillance des 
réseaux islamistes. 
    Le directeur de l'hôpital universitaire de Ouagadougou a 
déclaré tôt samedi matin que des blessés soignés dans son 
établissement avaient dit avoir vu au moins une vingtaine de 
corps dans l'hôtel et ses environs. 
    Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry, 
avait parlé un peu plus tôt de "plusieurs morts" et indiqué que 
les forces de l'ordre se préparaient à donner l'assaut contre 
les islamistes présumés retranchés à l'intérieur avec des 
otages. 
    La nationalité des victimes et des otages n'a pour le moment 
pas été précisée. 
    Alpha Barry a précisé à Reuters qu'un appui des forces 
spéciales françaises n'était pas exclu au moment de l'assaut 
contre l'hôtel Splendid, où une nouvelle fusillade a éclaté vers 
00h40 GMT, après une accalmie d'une heure. 
    Un responsable de l'armée américaine a déclaré de son côté 
que Paris avait sollicité l'aide des moyens de surveillance et 
de reconnaissance des Etats-Unis. 
    L'hôtel de cinq étages est parfois fréquenté par les 
militaires français de l'opération Barkhane, force basée au 
Tchad et dont la mission est la lutte contre les groupes armés 
djihadistes au Sahel. 
     
    AU MOINS TROIS ASSAILLANTS 
    Les assaillants, qui seraient au moins trois et porteraient 
des turbans, selon des témoins, ont fait irruption en début de 
soirée dans l'hôtel et ont également mitraillé le restaurant 
Capuccino, lui aussi prisé des étrangers, situé de l'autre côté 
de la rue. 
    "Nous venions d'ouvrir quand nous avons entendu des tirs... 
Il y avait trois hommes qui tiraient en l'air", a raconté un 
employé du restaurant, Vital Nounayon. 
    "Beaucoup de gens ont abandonné leurs voitures et leurs 
motos et ont pris la fuite. Ils (les assaillants) ont incendié 
les voitures. Ils ont aussi ouvert le feu sur le restaurant 
Capuccino, en face de l'hôtel, avant d'y mettre le feu", a-t-il 
ajouté. 
    Deux voitures ont explosé et une violente fusillade a éclaté 
à l'arrivée des forces de l'ordre, a constaté un journaliste de 
Reuters. 
    Les assaillants se sont ensuite retranchés dans l'hôtel avec 
leurs otages et les forces de l'ordre s'efforcent de déterminer 
leur nombre avant de donner l'assaut, a déclaré un officier de 
la gendarmerie nationale, qui a requis l'anonymat. 
    Le couvre-feu a été décrété de 23h00 GMT à 06h00 GMT, a 
indiqué l'ambassadeur de France à Ouagadougou, Gilles Thibault, 
sur son compte Twitter. L'ambassade de France a mis en place une 
cellule de crise pour ses 3.500 ressortissants vivant au Burkina 
Faso et les a appelés à rester chez eux. 
        
    PREMIÈRE ATTAQUE ISLAMISTE À OUAGADOUGOU  
    Si la piste d'Al Qaïda se confirme, ce serait la première 
fois qu'un groupe islamiste mène une attaque à Ouagadougou. 
    Dans son communiqué, Aqmi précise que l'attentat est 
l'oeuvre d'une de ses filiales, Al Mourabitoune, un groupe 
dirigé par le djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar qui avait 
déjà co-revendiqué le mois dernier l'attaque contre l'hôtel 
Radisson de Bamako, au Mali. (voir  )    
    Le Burkina Faso a connu des moments troublés depuis le 
renversement, en octobre 2014, du président Blaise Compaoré à 
l'occasion d'un soulèvement populaire, mais, à la différence du 
Mali voisin, le pays, dont la population est à 60% musulmane, 
avait jusqu'à présent été largement épargné par les violences 
islamistes. 
    Cette attaque représente un défi pour le nouveau président 
burkinabè, Roch Marc Kaboré, élu en novembre 2015, qui a nommé 
mercredi un gouvernement de 30 membres, parmi lesquels une série 
de nouvelles têtes marquant une rupture avec l'ère Compaoré. 
  
    En décembre, l'ambassade de France a recommencé à ses 
ressortissants d'éviter de se rendre dans l'est du Burkina Faso 
après des informations selon lesquelles des djihadistes maliens 
menaçaient d'enlever des étrangers. 
    En mai 2015, le groupe islamiste Al Mourabitoune avait 
indiqué détenir un ressortissant roumain enlevé en avril dans 
une mine du nord du Burkina Faso. 
    En octobre dernier, une cinquantaine d'hommes armés ont 
attaqué une brigade de gendarmerie près de la frontière 
malienne, faisant trois morts. Le gouvernement de l'époque avait 
imputé cette attaque aux dirigeants d'un coup d'Etat manqué mené 
le mois précédent par des membres du Régiment de sécurité 
présidentielle (RSP). 
    Les groupes islamistes ont mené un certain nombre d'attaques 
dans les Etats d'Afrique de l'Ouest frontaliers du Sahel ces 
dernières années. 
 
 (Nadoun Coulibaly et Mathieu Bonkongou; Danielle Rouquié et 
Tangi Salaün pour le service français) 
 
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