Au moins 13 morts dans le raid manqué au Yémen

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SANAA/ADEN, 7 décembre (Reuters) - Le raid manqué des forces spéciales américaines samedi au Yémen pour tenter de libérer deux otages, l'un américain, l'autre sud-africain, a fait au moins 13 morts, ont rapporté dimanche des témoins. Outre les deux otages abattus par leurs gardiens, une femme et un garçon de dix ans figurent parmi les victimes. Les forces spéciales ont lancé l'assaut dans la nuit de vendredi à samedi contre une base d'Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) dans le village de Dafaar, province de Chaboua, dans le sud du Yémen. Plusieurs combattants islamistes ont été tués dans l'attaque, dont un chef d'AQPA, Djamal Moubarak al Hard al Daghari al Aoulaki, qui serait la même personne que Moubarak al Harad, présenté samedi dans un communiqué du ministère yéménite de la Défense comme le dirigeant d'un groupe islamiste. Le journaliste américain Luke Somers, 33 ans, et l'enseignant sud-africain Pierre Korkie, 56 ans, ont été exécutés par les djihadistes lors de l'assaut. ID:nL6N0TQ05I ID:nL6N0TQ0MV Au moins deux otages, un Britannique et un Turc, sont toujours aux mains d'AQPA. Plusieurs morts de samedi sont des membres des familles Daghari et Aoulaki, des tribus importantes de la province de Chaboua. Les deux otages étaient détenus dans la maison d'un certain Saïd al Daghari, selon le gouvernement de Sanaa, qui affirme que des soldats yéménites ont participé à l'opération aux côtés des forces spéciales américaines. "Avant le début des tirs, de gros projecteurs se sont allumés, on y voyait comme en plein jour et puis on a entendu des explosions très fortes", a raconté un témoin, Djamal. "Les soldats criaient aux occupants de la maison de se rendre et il est clair que celui qui parlait était un soldat yéménite", a-t-il ajouté. Un autre témoin, Abdallah, a déclaré que des soldats yéménites avaient bloqué tous les accès au village avant le début de l'attaque. Selon Abdel-Razak al Djamal, journaliste yéménite spécialisé dans les mouvements islamistes, les hommes d'AQPA voulaient peut-être à l'origine négocier la libération de Somers contre une rançon mais ont été rendus furieux par une précédente tentative de libération le 25 novembre. "Il est clair que des négociations ont eu lieu avant les menaces d'AQPA de tuer l'otage américain", a-t-il dit. Le feu vert au raid de samedi avait été donné vendredi matin par le président Barack Obama. "Il fallait faire vite car Al Qaïda avait annoncé que Luke Somers allait être exécuté dans les soixante-douze heures", a souligné un responsable de l'administration américaine. "Pour nous, il fallait agir samedi." (Mohammed Ghobari et Mohammed Mukhashaf, avec Yara Bayoumy in Manama; Guy Kerivel pour le service français)

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