Au Mexique, les ravages de la culture de l'avocat

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Sur un marché de Mexico, le 9 août.
Sur un marché de Mexico, le 9 août.

Chez le premier producteur mondial, la ruée sur l’« or vert » provoque une déforestation massive, et profite au crime organisé.

Le monument en forme d’avocat géant trône à l’entrée de Tancitaro, à l’ouest du Mexique. La sculpture symbolise l’importance de ce fruit pour les habitants de cette petite ville de l’Etat du Michoacán, devenue la capitale mondiale de l’avocat. Le boom de la consommation des Américains, mais aussi des Européens, Français en tête, fait flamber les prix du fruit, rebaptisé l’or vert du Mexique. Une ruée qui provoque une déforestation massive et profite au crime organisé.

Vu du ciel, des pans entiers de forêt sont zébrés de champs d’avocatiers sur les flancs des montagnes boisées du Michoacán. La région concentre les quatre cinquièmes de la production nationale d’avocat. Cette terre volcanique au climat tempéré sied au fruit, dans un pays qui en est le premier producteur mondial, avec près du tiers de la récolte. En trente ans, les plantations sont passées de 31 000 à 118 000 hectares, selon le ministère de l’agriculture. L’année dernière, la production a atteint 1,6 million de tonnes, en hausse de 6,6 % en un an.

La face cachée de ce succès économique : la destruction des forêts de pins, dont certains endémiques. « Les agriculteurs plantent clandestinement des avocatiers au milieu des pins, explique Victor Manuel Coria, directeur de l’Institut national de recherches forestières, rattaché au ministère de l’agriculture. C’est une opération de fourmis sur plusieurs années. Petit à petit, ils coupent les branches, puis les troncs séchés. »

La faune est aussi menacée : coyotes, pu...

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