Au Maroc, on peut boire l'eau des nuages

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Eau de brouillard. C'est l'étrange potion que sert, ce vendredi après-midi, l'association Dar Si Hmad, dans les couloirs de la COP22 qui dure jusqu'au 18 novembre à Marrakech (Maroc). En fait, de l'eau tout juste attrapée des nuages. A l'heure où le Maroc connaît des baisses de précipitations, cette association locale a la solution miracle pour distribuer l'or bleu à des villages qui en sont dépourvus.

 

Dans les zones montagneuses de Sidi Ifni (sud du Maroc), les pluies sont rares. Mais un épais manteau de brume recouvre plus de neuf mois par an les cimes dès 700 m d'altitude. « Pendant des années, les villageois se sont demandé comment transformer cette humidité en eau, raconte Salah de l'association. Ils l'appelaient Anzar Imoutne : eau morte en arabe. » En s'inspirant d'expériences canadiennes, l'association Dar Si Hmad a décidé de mettre au point de vastes filets en polyéthylène pour récupérer l'eau. Placées à la cime des montagnes, ces grandes toiles piègent l'eau du nuage, la dirigent vers une gouttière, puis vers un grand réservoir. Le liquide y est mélangé à de l'eau souterraine (30 %) pour s'enrichir en minéraux. Il est ensuite traité et redistribué en citerne aux habitants. 6 300 litres d'eau sont ainsi récoltés chaque jour.

 

« Nous avons pu alimenter cinq villages, soit 400 foyers. Et comme des canalisations ont été construites, les villageois ont désormais l'eau courante chez eux, se réjouit Salah. Avant, ils devaient marcher trois heures pour trouver un puits. » L'association poursuit son déploiement. En janvier, elle s'apprête à étendre 1 700 m 2 de filets pour capter 37 400 l par jour : « Nous pourrons alimenter huit villages supplémentaires et, avec le surplus, envisager de l'irrigation pour créer de l'agriculture », poursuit Salah.

 

L'association doit prochainement se faire remettre le prix Elan des Nations unies pour le changement climatique, dans le cadre de la ...

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  • bouza il y a 11 mois

    "Anzar Imoutne : eau morte en arabe", en faite la traduction exacte est "la pluie morte" et ce n'est pas de l'arabe mais du berbère.