Au Mali, nouvel attentat suicide et tirs à Gao

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TIRS ENTRE SOLDATS MALIENS ET INSURGÉS ISLAMISTES À GAO
TIRS ENTRE SOLDATS MALIENS ET INSURGÉS ISLAMISTES À GAO

par David Lewis

GAO, Mali (Reuters) - Des tirs entre soldats maliens et insurgés islamistes présumés ont éclaté dimanche à Gao au lendemain d'une deuxième tentative d'attentat suicide, soulignant combien la sécurité reste précaire dans le nord du Mali malgré l'intervention française.

La France a dépêché dimanche des soldats et des blindés en renfort dans la plus grande ville du nord du Mali, ancien fief du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un groupe dissident d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Des habitants et un journaliste de Reuters ont entendu en début d'après-midi des tirs d'armes automatiques et plusieurs explosions dans un quartier de la ville.

Selon un habitant, les détonations provenaient de combats entre soldats maliens et insurgés islamistes présumés près d'un commissariat de police.

Cette information n'a pas été immédiatement confirmée par les autorités maliennes ou françaises.

Tard samedi soir, les soldats maliens ont été la cible d'une nouvelle tentative d'attentat suicide, la deuxième en deux jours à Gao.

L'incident s'est produit à un barrage de sécurité à la sortie nord de la ville, sur la route menant à Bourem, là même où un homme circulant à moto s'était fait exploser vendredi, blessant un soldat malien.

"Nos soldats ont été pris sous le feu des islamistes depuis le pont. Au même moment, un autre les a contournés et a sauté par dessus le mur. Il a pu actionner sa ceinture d'explosifs", a raconté le capitaine Sidiki Diarra.

FRAPPES AÉRIENNES

Une source militaire malienne avait auparavant déclaré que les soldats avaient tiré sur le kamikaze quand ils l'avaient vu approcher et que celui-ci avait explosé sans faire d'autre victime.

Un soldat malien a été légèrement blessé, a dit de son côté le capitaine Diarra, précisant que l'assaillant était "un Arabe barbu".

Les démineurs français ont par la suite fait exploser trois objets piégés retrouvés dans le secteur.

Ces attentats, ou tentatives d'attentats sans précédent au Mali depuis le début de l'intervention française le 11 janvier, font craindre que les islamistes qui tenaient jusqu'alors le nord du pays recourent à des techniques de guérilla.

Depuis que la région de Gao a été reprise le 26 janvier, deux mines y ont également coûté la vie à plusieurs militaires maliens.

Les officiers français et maliens soulignent que de petits groupes de djihadistes se cachent encore dans le désert, d'où ils menacent de frapper les villes reconquises.

Selon le capitaine Diarra, des frappes aériennes françaises ont permis de détruire trois véhicules appartenant aux insurgés samedi soir, sur la vingtaine qui a été repérée.

"Nous sommes dans une zone dangereuse. L'ennemi emploie des tactiques asymétriques. On ne peut pas être partout à la fois", constate un officier français.

Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français

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