Au Louvre, Le Printemps cible la manne touristique

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LE PRINTEMPS AU LOUVRE
LE PRINTEMPS AU LOUVRE

par Pascale Denis et Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - Le Printemps inaugure mercredi un nouveau magasin dans le Carrousel du Louvre, où il espère tirer parti de la manne touristique offerte par le musée le plus visité au monde pour contrebalancer le ralentissement du secteur du luxe.

Le groupe, racheté par des investisseurs qataris l'été dernier, repart à l'offensive avec sa première ouverture de magasin depuis 32 ans. Elle s'inscrit dans un plan d'investissements à cinq ans, doté de 270 millions d'euros, visant à porter le chiffre d'affaires à 2,0 milliards d'euros, contre 1,5 milliard à la fin mars 2013.

"Il s'agit d'une forte accélération de notre développement, qui répond à notre volonté d'être un leader des grands magasins de luxe", a déclaré à Reuters Paolo de Cesare, PDG du Printemps, n'excluant pas de porter l'enseigne à l'international, en Europe, en Asie ou au Moyen-Orient.

Une autre ouverture est prévue à Marseille au printemps, avant Saint-Jean-de-Cannes (Var) en 2015, tandis que deux Citadium, l'enseigne de mode sportive visant les 15-25 ans, verront également le jour cette année à Marseille et Toulon.

L'année 2013-2014 sera marquée par une "bonne croissance" des ventes du navire amiral du boulevard Haussmann, a-t-il précisé, "malgré un environnement macroéconomique qui n'a jamais été aussi difficile depuis cinq ans".

Mais la croissance du Printemps Haussmann n'atteindra pas les deux chiffres de l'exercice précédent, a-t-il averti.

RALENTISSEMENT

Grâce à un repositionnement sur le luxe entamé en 2007 après son rachat au groupe PPR (rebaptisé depuis Kering) et à une clientèle étrangère qui compte pour 40% de ses ventes, le Printemps Haussmann a vu son chiffre d'affaires grimper de 14% à 850 millions d'euros en 2012-2013 (exercice clos en mars).

Dans les 15 magasins de province du groupe, qui ne profitent pas des flux touristiques de la capitale, les ventes devraient être "stables voire en léger retrait" à surfaces comparables en 2013-2014, a précisé Paolo de Cesare.

Touchées par les mesures anti-ostentatoires en Chine, le ralentissement des pays émergents et le marasme européen, les ventes du luxe ont ralenti la cadence en 2013.

Elles ont limité leur hausse à 8% à taux de change constants en moyenne pour les acteurs cotés du secteur, après une progression de 11% en 2012, et devraient avoisiner les 9% en 2014, selon les estimations de HSBC.

La dynamique touristique a elle aussi fléchi, avec des dépenses en hausse de seulement 7,7% en France en 2013, selon le spécialiste de la détaxe Global Blue, après une envolée de 28% en 2012.

Grâce à son emplacement stratégique - le Louvre a attiré près de 10 millions de visiteurs en 2012 - Le Printemps espère réaliser environ 60% des ventes de son nouveau magasin auprès des touristes étrangers.

Le magasin du Carrousel, situé au pied de la pyramide inversée de la galerie commerciale, a fait l'objet d'un investissement de 25 millions d'euros, surtout assumé par Le Printemps mais aussi par les marques elles-mêmes.

Avec une surface limitée à 2.500 mètres carrés, l'offre se concentre sur les accessoires, les montres et les cosmétiques.

CHOIX DES MARQUES

Le choix de la maroquinerie, présentée dans de vastes cadres métalliques censés rappeler les tableaux du musée voisin, mêle haut de gamme comme Bottega Veneta (Kering), Givenchy (LVMH) ou Prada et sacs plus accessibles signés Longchamp ou Vanessa Bruno. Même chose dans les montres, où Tissot (groupe Swatch) voisine avec Rolex.

Au rez-de-chaussée, entre sacs et cosmétiques Lancôme (L'Oréal), Dior (LVMH) ou Crème de la Mer (Estée Lauder), un espace est dédié à l'art.

"Le commerce de luxe ne peut plus se contenter d'être un simple espace de vente. Il faut relever la barre et créer de l'émotion, nourrir la curiosité", a souligné Paolo de Cesare.

Pour l'inauguration, un sac géant en plexiglas aux imprimés multicolores, signé Gilles Cenazandotti, apporte une touche d'humour aux lieux, et pour faciliter la détaxe, des bornes automatiques ont été placées à l'étage.

Avec l'arrivée possible d'une "Galleria" - galerie marchande de grand luxe signée DFS (groupe LVMH) dans le futur complexe de la Samaritaine, qui visera elle aussi la clientèle touristique, la concurrence devrait bientôt s'aiguiser dans l'offre de luxe au centre de Paris.

Edité par Dominique Rodriguez

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