Au Liban, le rap s'engage contre la violence domestique

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Capture décran du clip de Mn el-Ekher à l'occasion de la journée de la femme.
Capture décran du clip de Mn el-Ekher à l'occasion de la journée de la femme.

"La femme est maltraitée, stéréotypée, marginalisée ; ses droits sont érodés, négligés, ignorés." Les paroles de la dernière chanson du groupe Mn el-Ekher résument malheureusement assez bien la condition de la femme au Liban. Une fois n'est pas coutume dans le milieu du rap, ce groupe libanais a décidé de s'attaquer à la violence domestique, très répandue au pays du Cèdre. Une nécessité pour Mn el-Ekher, dont les membres ont eux-même été témoins des mauvais traitements subis par l'une de leurs amies : "Il y a deux mois, elle est arrivée chez nous avec des bleus sur le visage et le bras cassé", se souvient Issam Noman, chanteur et auteur de la chanson. "Son mari l'avait battue avec un cadre à photo parce qu'elle n'avait pas mis assez de sel dans un plat qu'elle avait cuisiné." Très vite après l'agression, les deux amis décident de dédier une chanson à toutes les femmes victimes de violences similaires. Habitants de Tripoli dans le nord du Liban, Issam Noman et Ehab Nuhaily ont formé leur groupe de rap en octobre 2012. Les deux jeunes à la vingtaine stylée désespèrent de constater que la violence domestique est loin de reculer dans leur pays. "Elle a toujours existé, mais ça devient une mode de taper sa femme", dénonce Issam Noman, bonnet vissé sur le crâne et tatouage au bras. "C'est un moyen pour l'homme de montrer qu'il est fort, de prouver sa virilité." Les hommes, ajoute-t-il, se vantent de frapper leur compagne et "ne se...

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