Au Japon, le village des épouvantails, figé dans le temps

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NAGARO, 16 mars (Reuters) - Tsukimi Ayano a fabriqué son premier épouvantail il y a treize ans pour protéger son jardin. Depuis, elle a en confectionné 349 autres et sa production est disséminée dans le petit village de Nagoro, dans le sud du Japon. Ses créations garnies de papier journal et de chiffons y reproduisent les scènes de la vie quotidienne: dans les maisons, les champs, les rues, à l'école et même à un arrêt de bus où les épouvantails attendent un véhicule qui ne viendra jamais. Dans ce village, qui compte seulement 35 habitants, les épouvantails sont bien plus nombreux que les humains, souligne Tsukimi Ayano. Durement touché par l'exode rural comme de nombreuses autres bourgades nippones, Nagoro est principalement peuplé de seniors, reflétant la démographie de l'archipel. A 65 ans, Tsukimi Ayano figure parmi les plus jeunes habitants de ce village dont l'école, fermée en 2012, après que ses deux élèves ont obtenu leur diplôme, n'accueille plus désormais que des étudiants de chiffon. Outre l'entretien des épouvantails existants, notamment ceux placés à l'extérieur, qui pâtissent des intempéries malgré leur doublure de plastique, Tsukimi Ayano assure aussi parfois la création de mannequins sur commande, à l'effigie de jeunes gens ayant quitté le village ou d'habitants décédés. (Chris Meyers; Myriam Rivet pour le service français)

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