Au Grand Théâtre de La Havane, Obama plaide pour les libertés

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 (Actualisé avec citations, rencontre avec des dissidents 
§12-16) 
    par Jeff Mason et Matt Spetalnick 
    LA HAVANE, 22 mars (Reuters) - Barack Obama s'est livré à un 
plaidoyer passionné en faveur des libertés politiques à Cuba 
mardi lors d'un discours prononcé au troisième et dernier jour 
de sa visite historique dans l'île et retransmis en direct à la 
télévision cubaine.  
    De sa tribune installée sur la scène du Grand Théâtre de La 
Havane, où il a été accueilli par le président cubain Raul 
Castro, le président des Etats-Unis a souhaité tendre une "main 
de l'amitié" à Cuba. Il a ainsi expliqué que sa venue à La 
Havane visait à "enterrer les derniers vestiges" de la guerre 
froide sur le continent américain. 
    Mais Barack Obama a également souhaité que l'île gouvernée 
par un système de parti unique engage des réformes politiques et 
économiques.  
    "Les électeurs devraient pouvoir choisir leurs gouvernements 
dans le cadre d'élections libres et équitables", a déclaré le 
président américain.  
    "Tout le monde n'est pas d'accord avec moi sur ce point, 
tout le monde n'est pas d'accord sur ce point avec le peuple 
américain mais je suis convaincu que les droits de l'homme sont 
universels", a-t-il poursuivi. "Je suis convaincu que ce sont 
les droits du peuple américain, du peuple cubain et des peuples 
du monde entier." 
    "Je suis convaincu que les citoyens devraient être libres 
d'exprimer leur opinion sans crainte, de critiquer leur 
gouvernement et de manifester pacifiquement", a-t-il dit.  
    Le discours d'Obama au Gran Teatro avait été presenté par la 
Maison blanche comme le point d'orgue de ce premier voyage d'un 
président américain à Cuba depuis 88 ans, fruit du rapprochement 
bilatéral que Barack Obama a engagé avec Raul Castro en décembre 
2014. 
     
    RENCONTRE AVEC DES DISSIDENTS 
    Le président démocrate a été fortement applaudi à la fin de 
son allocution quand il a réitéré son appel à la levée de 
l'embargo américain contre Cuba, à laquelle s'oppose le Congrès 
à majorité républicaine.  
    La visite de Barack Obama vise à rendre "irréversible" le 
dégel entre les Etats-Unis et Cuba avant le départ du président 
en exercice en janvier prochain, a souligné la Maison blanche. 
    Les relations diplomatiques ont été rétablies en juillet 
dernier entre les deux pays, qui continuent néanmoins 
d'entretenir de profonds désaccords. 
    Par ses mots prononcés dans le Grand Théâtre, Barack Obama a 
cherché à persuader les Cubains que sa nouvelle politique, qui 
prévoit entre autres de faciliter les déplacements et les 
échanges entre les deux pays, vise avant tout à améliorer le 
quotidien de la population cubaine.  
    Le président américain a voulu présenter une vision 
optimiste de l'avenir des relations cubano-américaines. "C'est à 
vous" de prendre des mesures pour changer le pays, a-t-il lancé 
à l'adresse des Cubains.  
    Raul Castro a accueilli Barack Obama à son arrivée au 
théâtre puis a assisté à son discours d'un balcon.  
    Il a légèrement applaudi à la fin de l'allocution avant de 
saluer la foule.  
    Après son discours, Barack Obama s'est entretenu en privé 
avec une dizaine de dissidents cubains à l'ambassade des 
Etats-Unis. Il a relevé que certains d'entre eux avaient été 
emprisonnés et a rendu hommage à leur courage.  
    Berta Soler, qui dirige le groupe des Dames en blanc, un 
mouvement d'opposantes, figurait parmi eux. Elle avait été 
interpellée brièvement durant le week-end, quelques heures avant 
l'arrivée de Barack Obama dans l'île communiste. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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