Au G8, Poutine isolé mais déterminé sur le dossier syrien

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VLADIMIR POUTINE ISOLÉ, MAIS DÉTERMINÉ SUR LE DOSSIER SYRIEN
VLADIMIR POUTINE ISOLÉ, MAIS DÉTERMINÉ SUR LE DOSSIER SYRIEN

par Kate Holton et Maria Golovnina

ENNISKILLEN, Irlande du Nord (Reuters) - Le président russe Vladimir Poutine s'est retrouvé mardi aussi isolé que déterminé sur le dossier syrien, au second jour du sommet du G8 à Enniskillen, malgré les pressions de ses partenaires pour qu'il modère son soutien au président Bachar al Assad.

La guerre en Syrie qui a fait au moins 93.000 morts en plus de deux ans, selon les Nations unies, devait dominer les discussions au dernier jour de ce sommet qui réunit en Irlande du Nord les dirigeants des huit premières puissances industrialisées (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Canada et Russie).

Pour le président russe, forcer le président Assad à se retirer, comme le demandent depuis plusieurs mois les Occidentaux, aurait des conséquences désastreuses non seulement pour la Syrie mais aussi pour tout le Proche-Orient.

A la suite d'une rencontre de deux heures plutôt glaciale lundi entre le maître du Kremlin et le président américain Barack Obama, les dirigeants du G8 tentaient mardi de trouver un terrain d'entente sur ce dossier, quitte à laisser de côté les objections de Moscou.

En effet, si un consensus n'est pas trouvé entre les Huit, le communiqué final de la réunion pourrait être publié sans la signature de la Russie, au nom du simple G7, a-t-on déclaré de source autorisée.

Un tel scénario ne devrait pas tant déplaire au président Poutine, que les médias russes présenteraient comme l'avocat d'une position pragmatique et mesurée face aux relents de l'impérialisme occidental, un discours très prisé en Russie.

Lors du dîner officiel lundi soir, les discussions ont pourtant été moins tendues qu'on pouvait le craindre et une source proche des discussions, parlant d'un Poutine "constructif et de bonne volonté", n'a pas exclu un compromis qui permettrait un communiqué signé à huit.

"LA RUSSIE CONTRE TOUT LE MONDE"

Mais mardi en milieu de journée, une autre source était bien moins optimiste, soulignant les désaccords sur la nature d'un futur gouvernement de transition à Damas. "C'est pratiquement la Russie contre tout le monde", a-t-on dit, Poutine restant ferme sur ses positions.

Début mai, Russes et Américains se sont mis d'accord sur l'idée d'une nouvelle conférence internationale à Genève en vue de trouver une solution au conflit. Depuis, les forces de Bachar al Assad ont repris la main dans les opérations militaires, notamment grâce à la prise de la ville stratégique de Koussaïr, près de la frontière libanaise.

Les gouvernementaux se prépareraient maintenant à lancer des offensives contre Homs, dans le centre de la Syrie, et Alep, la grande ville du Nord, ce qui a incité les rebelles à réclamer plus fort que jamais aux Occidentaux des armes afin de repousser ces attaques.

A Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a tenu à rappeler mardi matin que l'opposition syrienne n'avait pas à poser de conditions préalables à sa participation à la conférence internationale proposée - les rebelles ont notamment exigé pour venir à Genève que le futur départ d'Assad soit acté par la communauté internationale.

"Nous nous opposons de la manière la plus catégorique à ce que la future conférence soit un acte public de capitulation de la part de la délégation gouvernementale syrienne", a dit le chef de la diplomatie russe.

A Enniskillen, on souligne de source proche des discussions que la conférence de Genève, initialement prévue pour juin, puis pour juillet, pourrait ne pas se tenir avant août.

Avec Andrew Osborn, William Schomberg, Guy Faulconbridge, Roberta Rampton, Alexei Anishchuk et Jeff Mason à Enniskillen, Guy Kerivel pour le service français

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  • M7650121 le mardi 18 juin 2013 à 16:06

    Poutine est le seul à vouloir la paix en face des chiens de guerre et leur vasseaux tel notre gouverneur de province France... Quand on voit l'état de la l'Irak, de la Lybie, c'est sur que la démocratie à coup de bombes, les Syriens n'attendent que ça! J'ai honte d'etre Francais quand je vois ça.

  • adnaj le mardi 18 juin 2013 à 15:13

    Discrimination de la part du photographe ? Mais où donc notre très cher pingouin ?

  • LeRaleur le mardi 18 juin 2013 à 14:45

    Isolé, mais lucide.

  • M8758563 le mardi 18 juin 2013 à 14:22

    est ce que réellement les tenants et aboutissants du probléme syrien peuvent etre transparents dans cette réunion qui a tout d'un spectacle, d'une mise en scéne protocolaire à l'intention du vaste public ignorant, mais pas dupe.