Au G7, le cours du yen a occulté les autres dossiers

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AU G7, LE COURS DU YEN OCCULTE LES AUTRES DOSSIERS
AU G7, LE COURS DU YEN OCCULTE LES AUTRES DOSSIERS

par Leika Kihara et Tetsushi Kajimoto

SENDAI, Japon (Reuters) - Les Etats-Unis ont adressé samedi une nouvelle mise en garde au Japon afin qu'il n'intervienne pas sur le marché des changes pour soutenir sa devise, occultant les autres sujets de la réunion ministérielle du G7 à Sendai, dans le nord de l'archipel.

Pour Washington, rien ne justifie que Tokyo agisse pour freiner l'appréciation de sa devise, les mouvements du yen n'étant pas suffisamment "désordonnées".

"Il est important que le G7 trouve un accord, non seulement pour s'abstenir de procéder à des dévaluations compétitives mais aussi pour communiquer afin que personne ne soit pris au dépourvu", a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, lors d'une conférence de presse organisée en clôture du sommet du G7.

Le ministre japonais des Finances, Taro Aso, a assuré que les débats étaient restés calmes même s'il était normal que deux pays aient des divergences sur la manière d'apprécier la fluctuation des changes.

"J'ai dit (à Lew) que les récentes fluctuations allaient dans une seule direction et qu'elles étaient spéculatives", a dit le ministre nippon lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'à son avis, les hausses enregistrées ces derniers temps par le yen étaient "désordonnées".

Si Taro Aso et ses homologues ont réaffirmé l'importance de la stabilité des changes, le Japon n'a reçu aucun soutien de la part des autres pays du G7 en faveur d'une intervention destinée à contenir la hausse du yen.

"Il y a un consensus autour du fait que la politique monétaire est adaptée et qu'il n'y a pas d'écarts importants entre devises et qu'il n'est donc pas nécessaire d'intervenir", a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin.

Les autorités japonaises ne sont pas intervenues directement sur le marché des changes depuis 2011. A l'époque, Tokyo avait obtenu le feu vert du G7 pour enrayer la hausse du yen, alors alimentée par la spéculation sur la possibilité qu'après le séisme et la catastrophe de Fukushima, le gouvernement impose aux assureurs de rapatrier une partie des fonds placés à l'étranger pour financer les indemnisations.

Ces derniers mois, Tokyo a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude sur le caractère excessif de la hausse du yen, des arguments toujours rejetés par Washington, qui plaide pour des accords empêchant les interventions sur les devises.

Le dollar s'échangeait autour de 110 yens vendredi mais il était tombé au début du mois sous 107 yens, accusant alors un repli de plus de 12% face à la devise japonaise depuis le début de l'année.

MIX DE POLITIQUES

Après avoir poussé jusque dans leurs derniers retranchements les politiques d'assouplissement monétaire, les pays du G7 peinent à parler d'une seule voix pour relancer une croissance anémique.

Ils ont réclamé samedi la mise en oeuvre d'un mix de politiques monétaires, budgétaires et structurelles tout en laissant à chaque pays le soin de choisir ses propres priorités.

L'Allemagne est de son côté resté sourde aux appels du Japon et des Etats-Unis, qui lui demandaient d'augmenter sa dépense publique.

"Le plus important, ce sont les réformes structurelles (...) on admet de plus en plus (au sein du G7) que les réformes structurelles sont cruciales", a déclaré le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

Jack Lew a également recommandé au Japon de maintenir sa politique d'assouplissement monétaire, soulignant les risques qu'impliquent la hausse de la TVA prévue l'année prochaine.

"Bien sûr, c'est au Japon de se faire sa propre opinion sur la trajectoire à prendre. Mais il est primordial de ne pas mettre l'économie en danger", a-t-il dit.

(Nicolas Delame pour le service français)

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