Au Festival de La Rochelle, l'éloge des femmes de Dreyer

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« La Passion de Jeanne d'Arc », de Carl Theodor Dreyer (1927-1928).
« La Passion de Jeanne d'Arc », de Carl Theodor Dreyer (1927-1928).

Le 44e Festival international du film consacre une rétrospective au cinéaste danois.

De Carl Theodor Dreyer (1889-1968), on connaît plus que tout La Passion de Jeanne d’Arc (1927). Ce film muet pensé pour le parlant n’est au fond ni l’un ni l’autre : c’est un film-visage, le seul peut-être de son espèce. Il avance rivé à sa comédienne, Renée Falconetti, et c’est sur les traits de cette dernière que la petite et la grande histoire entrelacées s’offrent à lire – la petite surtout est immense, l’absolue solitude terrestre de Jeanne lentement brisée par la souffrance, qui s’éclaire par rayonnements de son dialogue intérieur avec Dieu.

Evénement de la 44e édition du Festival international du film de La Rochelle, La Passion de Jeanne d’Arc y est projeté samedi 2 juillet en ciné-concert à l’église Saint-Sauveur, avec une création à l’orgue de Karol Mossakowski. Si belle que soit l’occasion de redécouvrir l’un des plus beaux films du monde, on aurait tort de laisser Jeanne éclipser ses sœurs de cinéma, femmes fortes et singulières dont le cinéaste danois a peuplé ses films, et que la rétrospective que le festival lui consacre invite à rencontrer.

Double régime d’images Certaines ont plus d’affinités avec le diable qu’avec Dieu. La jeune et belle Anne de Jour de colère (1943), fille de sorcière, n’a de commun avec Jeanne que l’ombre du bûcher portée sur son destin. Les deux films, cependant, peignent le même tableau révoltant de la femme seule au sein de ce monde d’hommes qu’est l’institution judiciaire et religieuse. Dans Jeanne, Dreyer le met en scène dans un do...

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