Au Canada, cette minuscule grenouille fait reculer les promoteurs

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Un décret d’urgence a été adopté pour protéger la rainette faux-grillon, une très petite grenouille vivant notamment dans la région de Montréal. Une mesure qui empêche là-bas la construction de 171 logements.

Décidément, grenouilles et immobilier ne font pas bon ménage. Il y a 15 jours, le Figaro immobilier rapportait cette condamnation à reboucher une mare pour cause de grenouilles trop bruyantes et désormais ces batraciens empêchent la construction d’un vaste programme de logements. Le gouvernement canadien vient en effet d’adopter ce mercredi un décret d’urgence pour protéger une espèce de petite grenouille en péril dont l’habitat, en banlieue de Montréal, est menacé par l’urbanisation.

Ce décret entrant en vigueur le 17 juillet vise à protéger un habitat critique de la «rainette faux-grillon de l’ouest» sur un territoire de 2 km² dans trois municipalités de la rive sud de Montréal, a annoncé la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna. Le décret empêchera la construction de 171 unités de logement prévues dans le cadre d’un projet immobilier, a indiqué le ministère dans un communiqué. Plus de 1.000 unités ont déjà été construites dans le cadre de cette opération, initialement autorisée par le gouvernement du Québec.

La rainette faux-grillon, qui mesure 2,5 cm et dont la couleur varie de brun à gris olive, gîte dans les milieux humides du sud du Québec et de l’Ontario, où elle est considérée comme une espèce en péril depuis 2010. Dans la région au sud de Montréal, plus de 90% de l’aire de répartition historique de cette espèce de rainette avait déjà disparu en 2009, selon le ministère de l’Environnement, notamment dans la ville de La Prairie, où est localisé le projet immobilier bloqué par le gouvernement. A ce rythme, l’espèce pourrait disparaître en 2030 selon les autorités.

Bataille entre écologistes et promoteurs

C’est «le deuxième décret d’urgence adopté pour une espèce en péril au Canada et le premier applicable en terre privée, une première historique en matière de protection des espèces en péril», a souligné le président de Nature Québec, Me Michel Bélanger. Cette organisation avait multiplié les démarches depuis 2013 devant le refus de la ville de La Prairie et du promoteur privé de suspendre les travaux de construction.

En revanche, pour l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec, la décision gouvernementale est «lourde de conséquences» car elle ne tient pas compte des «préoccupations liées au développement économique» et «risque d’affecter» d’autres projets, comme celui de l’agrandissement du port de Montréal à l’est de la ville.

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