Au Caire, Hollande souligne l'impératif des droits de l'Homme

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    * Le président français en visite d'Etat en Egypte 
    * Il a évoqué les droits de l'Homme avec al Sissi 
    * L'Egypte est "un Etat de droit", dit le président égyptien 
 
 (Complété avec accords) 
    LE CAIRE, 17 avril (Reuters) - La France et l'Egypte doivent 
oeuvrer à "une relation durable", notamment dans la lutte 
anti-terroriste, sans occulter les sujets de friction comme les 
droits de l'Homme qui "ne sont pas une contrainte" mais "une 
façon de lutter contre le terrorisme", a déclaré dimanche 
François Hollande. 
    Au premier jour d'une visite d'Etat au Caire, le président 
français s'est entretenu avec le président égyptien, Abdel 
Fattah al Sissi, des crises régionales -- Syrie et Libye au 
premier chef -- mais aussi de la nécessité du "droit" face au 
terrorisme. 
    "Nous devons lutter contre les causes et les conséquences de 
ce terrorisme, ce qui suppose de la fermeté mais aussi (...) 
qu'il y ait un Etat, et un Etat de droit", a souligné François 
Hollande lors d'une conférence de presse conjointe avec le 
dirigeant égyptien. 
    "Les droits de l'Homme ne sont pas une contrainte, c'est 
aussi une façon de lutter contre le terrorisme dès lors que la 
sécurité est assurée", a-t-il ajouté. 
    Le président français a précisé avoir évoqué lors de son 
entretien avec Abdel Fattah al Sissi "les questions relatives 
aux droits de l'Homme y compris les plus sensibles : le cas 
d'Eric Lang, dont les conditions de la mort n'ont pas été 
données au moment où je parle". 
    Ce Français de 49 ans, qui résidait en Egypte depuis vingt 
ans, a été battu à mort dans un commissariat du Caire en 
septembre 2013. Dans une interview à Metronews, sa mère accuse 
les autorités diplomatiques françaises d'avoir à l'époque 
"étouffé" l'affaire pour ne pas compromettre le rapprochement 
franco-égyptien. 
    Les droits de l'Homme, a insisté François Hollande, "c'est 
la liberté de la presse, d'expression, c'est aussi d'avoir un 
système judiciaire qui puisse répondre à toutes les questions 
qui sont posées." 
    "Nous voulons établir une relation durable mais qui répond à 
certaines conditions", a poursuivi le chef de l'Etat en 
indiquant qu'il fournirait "une liste de cas personnels" aux 
autorités égyptiennes. 
     
    SOUTIEN AU GOUVERNEMENT LIBYEN 
    Ne pas évoquer ces questions "serait manquer à mes propres 
devoirs par rapport à la sécurité en Europe et en France", 
a-t-il justifié en priant les autorités du Caire de ne pas y 
voir "une attaque" mais "une attente, une exigence". 
    Le président égyptien a assuré que son pays, qui fait ses 
"premiers pas d'Etat démocratique", était "un Etat de droit qui 
respecte son peuple". 
    Mais, a-t-il ajouté, "il faut être conscient que nous avons 
des problèmes considérables" et que l'Egypte doit faire face à 
"des tentatives pour faire tomber le régime de l'intérieur". 
    Les deux présidents ont affirmé leur soutien au nouveau 
gouvernement libyen et leur pleine entente pour ramener la 
stabilité dans le pays, limitrophe de l'Egypte. 
    "Nous avons attendu longtemps pour qu'il y ait un 
gouvernement, pour qu'il y ait une autorité, nous y sommes, mais 
nous n'en avons pas terminé et nous travaillerons ensemble, 
Egypte et France, pour qu'avec la communauté internationale nous 
puissions en finir avec ce qui s'est trop longtemps produit en 
Libye, c'est-à-dire le chaos", a dit François Hollande. 
    Sur le conflit syrien, le président français a souhaité 
"qu'il y ait de la part de l'ensemble des parties prenantes 
(...) la pression nécessaire pour qu'il y ait une Syrie qui 
retrouve la stabilité, la sécurité et surtout la paix." 
    "Nous pouvons étape par étape offrir une issue à condition 
que la négociation trouve effectivement sa place, que la trêve 
soit respectée", a-t-il dit aux côtés du président égyptien. 
    "Les relations entre l'Egypte et la France ont pris un 
nouveau départ, nous voulons les renforcer", a affirmé Abdel 
Fattah al Sissi, en citant également les domaines industriel et 
économique. 
    Des contrats militaires sont en négociation entre les deux 
pays, et Paris ne pouvait assurer en fin de semaine qu'ils 
seraient scellés à l'occasion de cette visite d'Etat. 
    Le quotidien La Tribune a évoqué la commande par l'Egypte de 
quatre navires militaires à DCNS et d'un satellite à Airbus 
Group et Thales pour plus d'un milliard d'euros. 
    Plusieurs accords intergouvernementaux ont été signés 
dimanche soir dans les domaines des transports urbains, de 
l'énergie, des énergies renouvelables et du gaz, notamment. 
    Le consortium Vinci-Bouygues a signé pour 1,2 milliard 
d'euros un accord commercial en vue de la réalisation de la 
phase 3 de la ligne 3 du métro cairote : 15 stations sur 17,7 
km. 
 
 (Sophie Louet avec bureau du Caire) 
 

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