Au c½ur des Halles, bientôt une cascade de sept mètres

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Dans les coulisses de l’immense chantier de rénovation des Halles à Paris qui doit s’achever mi-2016. Au-delà de son emblématique toit en verre, le site aura droit à une cascade pour permettre l’évacuation de l’eau de pluie.

La canopée, sorte de voile d’inspiration végétale, est la star du chantier des Halles, qui recèle pourtant d’autres prouesses moins connues du grand public mais qui vont façonner durablement ce quartier au coeur de Paris. Invisible pour les riverains, le sous-sol a nécessité une modernisation d’autant plus considérable qu’entre 2003 et 2010 aucun chantier n’y a été effectué: «Il y a eu seulement des études, car le site est très compliqué», explique Dominique Hucher, directeur général de la SemPariSeine, en charge du projet de réaménagement des Halles.

Le labyrinthe de quatre kilomètres de tunnels qui servaient aux livraisons et aux accès des parkings a ainsi été réduit à deux kilomètres. En outre, la mise aux normes de sécurité du projet a représenté à elle seule 10% du budget total du chantier, soit à peu près 100 millions d’euros. Mais le sous-sol, c’est aussi une gare et un centre commercial sur cinq niveaux. Les niveaux -4 et -5, réservés à la gare RER qui accueille 750.000 passagers par jour, ont subi une intervention majeure afin de rendre les points d’accès plus clairs et plus aérés. Un progrès considérable alors qu’aujourd’hui les accès au RER se font par des «trous à rats», selon les propres mots de Dominique Hucher.

A terme, la surface de la gare augmentera de 50%. «Cela a été permis car il y a pas mal de parkings sous-terrains qui n’étaient pas utilisés. On était à seulement 50% d’occupation», explique ce polytechnicien aux cheveux rasés et petites lunettes. La fin des travaux de la gare est annoncée pour la mi-2016.

Rendre esthétique une évacuation d’eau

A la surface, la canopée va permettre de doubler la surface des commerces et équipements publics extérieurs. On pourra y trouver une bibliothèque, un équipement dédié au hip-hop, une maison des pratiques artistiques amateurs ou encore un conservatoire de danse et de musique. Mais l’innovation la plus surprenante du parvis extérieur est une cascade de sept mètres qui devrait s’écouler du côté ouest de la canopée. A l’origine de sa création, la nécessité de trouver un moyen d’évacuer l’eau de pluie tombant sur les 10.000 m2 de toiture en verre de l’édifice.

«On aurait pu évacuer l’eau à l’aide d’un grand tuyau au milieu du toit, mais ça aurait été moche», s’amuse M. Hucher. A la place, l’architecte Patrick Berger a préféré installer une grande rigole centrale, qui récupère l’eau à l’aide de gouttières installées tout le long de la Canopée. En fait, il faut s’imaginer la canopée comme une feuille avec ses nervures qui constituent les gouttières, et une nervure principale, au centre, représentée par la grande rigole. L’eau viendra se déverser dans un bassin situé au niveau du sol.

«On a reconstitué un modèle réduit de cette cascade pour voir si cela fonctionnait, ça a été étudié», raconte Dominique Hucher. Même par temps sec, la cascade fonctionnera grâce à l’eau du bassin qui sera réutilisée pour l’alimenter en permanence. Enfin un peigne, sorte de filtre comme il en existe sur les robinets, sera installé au bout de la rigole. Le but: réguler le débit d’eau en cas de forte pluie pour éviter un débordement du bassin. L’architecte du projet a toujours voulu faire de la canopée un symbole de l’alliance entre la ville et la nature: cette cascade, mais aussi la volonté de créer un climat plus doux, moins venteux et à l’abri des intempéries sous la verrière de la canopée devraient aller dans ce sens.

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