Au Bourget, Airbus et Boeing se mesurent sur le long-courrier

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AU BOURGET, AIRBUS ET BOEING SE MESURENT SUR LE LONG-COURRIER
AU BOURGET, AIRBUS ET BOEING SE MESURENT SUR LE LONG-COURRIER

par Matthias Blamont et Gilles Guillaume

LE BOURGET (Reuters) - Airbus et Boeing se sont lancés dès lundi dans une surenchère agressive de commandes au 50e salon du Bourget, les deux constructeurs étant désormais persuadés que leur prospérité future et celle de leurs équipementiers s'appuiera sur la domination du créneau des avions long-courriers.

La filiale de l'européen EADS a donné le coup d'envoi la première avec la signature d'un protocole d'accord conclu avec le loueur allemand Doric qui prévoit l'acquisition de 20 très gros porteurs A380, une transaction estimée à huit milliards de dollars sur la base des prix catalogues.

Cette annonce a surpris les industriels qui ne s'attendaient pas à ce que l'A380 remporte une si grosse commande auprès d'une société de location, qui plus est récemment créée. Les spécificités de l'appareil le rendent difficile et cher à adapter lors d'un changement d'utilisateur et les loueurs d'avions s'étaient jusqu'ici montrés sceptiques.

Grâce à ce contrat, Airbus enregistre sa première commande d'A380 de l'année.

Boeing n'a pas tardé à suivre avec l'annonce d'un engagement de Gecas, la filiale de leasing de General Electric, pour 10 exemplaires du 787-10, la dernière version en date du 787 que le groupe américain entend lancer officiellement mardi, et d'une commande de Qatar Airways pouvant aller jusqu'à neuf 777-300 ER.

Les monocouloirs, traditionnels "best-sellers" du marché, n'ont pas été oubliés. Le britannique TUI Travel a confirmé une commande de 60 exemplaires du Boeing 737MAX avec une option sur 90 appareils supplémentaires tandis que le loueur américain ILFC s'est engagé à acquérir 50 avions de la nouvelle famille A320neo.

Au terme de cette première journée, les commandes d'Airbus et de Boeing totalisent déjà près de 30 milliards de dollars. Du moins en théorie puisque les deux entreprises consentent à des remises importantes lorsqu'elles réussissent à placer de gros contrats.

PRESSION

"Les intervenants se concentrent sur le long-courrier cette année. Il s'agit d'un segment critique et fondamental pour la rentabilité des deux constructeurs", souligne Bruno Goutard, économiste senior auprès de l'assureur-crédit Euler Hermes.

Airbus s'est efforcé de mettre la pression sur son concurrent dès vendredi dernier avec le premier vol de son dernier-né, le long courrier A350, destiné à concurrencer les 777 et 787 de Boeing.

De son côté, le groupe américain mise sur le 787-10, une version allongée du 787, pour faire oublier les difficultés de lancement de cette nouvelle famille d'appareils, cloués au sol pendant trois mois du fait de problèmes avec les batteries.

Le Boeing 787-10, d'une capacité de 323 sièges, vise notamment le marché en forte croissance des liaisons intérieures en Asie, un créneau qu'Airbus entend également conquérir avec l'A350 et l'A380.

Des sources ont déclaré à Reuters que Boeing se préparait à annoncer mardi une série de commandes pour le lancement du 787-10 équivalant à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Les noms de Singapore Airlines, British Airways, Air Lease et United Airlines sont régulièrement cités.

"Les commandes électriques et les matériaux composites constituaient le dernier grand saut technologique en date", a fait valoir Raymond Conner, directeur général de la branche d'aviation commerciale de Boeing.

"Le prochain saut est à attendre du côté de la production. Il faudra construire des avions plus vite et le plus efficacement possible."

Avec Tim Hepher, Elizabeth Pineau, Maria Sheahan, James Regan, Andrea Shalal-Esa, édité par Jean-Michel Bélot

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