Attractivité de la France : "Nous avons prévu d’abaisser le taux de l’IS de 33% à 20%" (Le Pen)

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Boursorama a envoyé 10 questions d'ordre économique à l'ensemble des candidats à la présidentielle.

2) Estimez vous que la France soit toujours aussi attractive ? Comment renforcer l’attractivité de la France ?

Jean-Marie Le Pen : Bien évidemment, malgré des savoir-faire encore très significatifs dans maints domaines de l’activité économique, la France souffre plus que la moyenne des pays d’Europe d’un étatisme, d’un fiscalisme et d’un règlementarisme préjudiciables à nos entreprises. La fiscalité, en particulier, doit diminuer : nous avons prévu d’abaisser le taux de l’IS de 33% à 20%, uniquement pour les PME (CA inférieur à 100 millions d’euros ou effectif inférieur à 500 salariés).

Philippe de Villiers : La France laisse fuir ses capitaux, ses cerveaux, ses emplois et ses sièges sociaux à cause d’une fiscalité parmi les plus fortes d’Europe et une législation du travail asphyxiante. Pour lutter contre les délocalisations je veux protéger le travail à l’extérieur, en rétablissant des barrières douanières efficaces aux frontières de l’Europe, comme cela existe partout ailleurs, et libérer le travail à l’intérieur, en allégeant les contraintes fiscales et réglementaires, en abolissant les 35 heures obligatoires et en récompensant l’effort plutôt que l’assistanat.

Olivier Besancenot : Oui. Elle est toujours extrêmement bien classée pour ce qui concerne l’afflux des capitaux étrangers et tout à fait dans la moyenne des pays européens les plus riches. Ce qui montre le caractère fantaisiste et purement idéologique des discours sur la pression fiscale ou le Code du travail ...

Dominique Voynet : La France est l’un des premiers pays au monde pour sa capacité à attirer les investissements directs à l’étranger. Elle n’a donc pas de problème d’attractivité. Ses infrastructures, la qualité de la formation des salariés,... sont autant d’arguments mis en avant notamment par l’AFII pour attirer les grandes entreprises. En revanche, la France a un problème pour contrôler la raison des investissements étrangers qu’elle attire : le fait qu’un fonds de pension américain vienne acheter une PME industrielle pour la dépouiller de son savoir faire en quelques années et licencier les salariés, comme c’est le cas en ce moment dans l’industrie du décolletage par exemple en Haute-Savoie, doit pouvoir être combattu. Pour lutter contre la financiarisation des PME qui éloigne le centre de décision des territoires, je propose, au moment de la vente d’une PME, quelle que soit la cause (départ en retraite du dirigeant...), de laisser la possibilité en priorité aux salariés, adossés à des fonds d’investissement voire à des collectivités locales, de racheter l’entreprise.

Ségolène Royal : La France a, dans ce combat qu’est la mondialisation, de nombreux atouts qui lui permettent d’attirer des flux de capitaux étrangers et de financer sa croissance. Ces forces sont connues : des salariés très qualifiés, des services publics et des infrastructures de qualité, une économie solide et centrale dans l’Union européenne. Ce sont ces atouts que je souhaite renforcer, en axant notamment l’action publique sur le développement de nos moyens de recherche et d’innovation.

Marie-George Buffet : Toutes les politiques sociales, fiscales, d'aide publiques, de baisse du coût du travail fondées sur l'attractivité poussent à mettre en concurrence les bassins d'emploi, les régions et les nations et leurs salariés alors que la révolution informationnelle appelle, au contraire, des coopérations, et un partage des informations, des ressources, et des savoirs. Plutôt qu'une fuite en avant dans l'attractivité des capitaux du monde entier, il faut rendre l'économie française moins dépendante des capitaux mondiaux en quête de rentabilité financière incompatibles avec le développement de l'emploi et des capacités humaines.

Lire l'intégralité du questionnaire économique envoyé aux candidats

Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou (UDF), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), Frédéric Nihous (CPNT), José Bové (Gauche antilibérale) et Gérard Schivardi (Candidat de Maires soutenu par le Parti des Travailleurs) n'ont pas répondu à ce questionnaire.
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