Atténuation des vagues sur la façade atlantique

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UN SANS-ABRI AURAIT ÉTÉ EMPORTÉ PAR UNE VAGUE À BIARRITZ
UN SANS-ABRI AURAIT ÉTÉ EMPORTÉ PAR UNE VAGUE À BIARRITZ

BORDEAUX/RENNES (Reuters) - La tempête qui frappe la façade atlantique de la France depuis dimanche, qui semble avoir fait une deuxième victime à Biarritz, a commencé à régresser mardi matin, après un pic des vagues au cours de la nuit, a annoncé Météo France.

A Biarritz, cité balnéaire des Pyrénées-Atlantiques, un sans domicile fixe aurait été emporté par une vague lundi soir, selon les services de secours. Une femme de 28 ans est toujours portée disparue après avoir été happée par une vague dimanche.

Météo France avait placé tout le littoral sous vigilance orange en raison du risque de "vagues-submersion". Mais cette vigilance orange a été levée mardi en fin de matinée, tandis que la dépression à l'origine du phénomène s'éloignait vers le nord.

Lundi soir, à marée haute, des vagues pouvant atteindre près de 12m de haut ont été constatées à Belle-Ile (Morbihan).

Elles ont fait des dégâts en bordure des plages de Biarritz et endommagé notamment la façade et les vitres du casino.

Elles ont également brisé les vitres d'un local pourtant situé au fond de l'anse du Port-vieux, où trois enfants ont été légèrement blessés lundi soir par des éclats de verre.

Plusieurs embarcations ont sombré dans le port de pêche et des bateaux de plaisance ont brisé leurs amarres dans le port d'Anglet, commune voisine de Biarritz, ont indiqué les pompiers.

A Biarritz, les services municipaux ont travaillé toute la nuit pour ériger une digue de sable de trois mètres de haut sur la grande plage pour protéger les bâtiments.

MER "MONSTRUEUSE"

En Gironde, c'est la situation du "Signal", un immeuble d'habitation de quatre étages sur le littoral de Soulac-sur-Mer, déjà menacé par l'érosion, qui retient l'attention, alors que l'océan a gagné quatre mètres en quelques jours.

Le littoral breton, notamment les côtes du sud-Finistère et du Morbihan, n'a pas été épargné par les fortes vagues qui ont fragilisé les cordons dunaires et érodé digues et ouvrages de bord de mer en de nombreux endroits.

A Treffiagat, dans le pays Bigouden, la dune a été avalée sur 150 m de long et six de large par la houle, menaçant une vingtaine d'habitations. Des travaux de renforcement ont été engagés pour contenir la menace d'une brèche.

Sur l'île de Sein, les digues ont été fortement fragilisées, menaçant en certains endroits de s'affaisser sous l'impact d'une mer qualifiée par des habitants de "monstrueuse".

"Il y avait une inquiétude générale lundi soir dans la population, où même les plus anciens marins-pêcheurs constataient que la mer était particulièrement démontée", a déclaré à Reuters Dominique Kerloc'h, conseillère municipale.

"Nous sommes habitués à des coups de vent mais généralement les forts coefficients de marée sont accompagnés de beau temps, alors que cette fois il y a eu une conjonction entre ces coefficients et la tempête", a-t-elle ajouté.

Emmanuel Bocrie, prévisionniste à Météo France, ne juge cependant pas ce phénomène exceptionnel, même s'il n'est pas "anodin" et a été d'une ampleur "particulière".

Il admet cependant que le relief sous-marin a joué à Biarritz un rôle amplificateur.

C'est ce même relief qui fait monter les vagues et fait de la cité basque un "spot" de prédilection pour les surfeurs.

"Il y a un effet local exceptionnel mais sur l'ensemble du département ce n'est pas exceptionnel", a-t-il dit à Reuters.

La Bretagne subit aussi pour sa part de fortes crues de ses rivières, qui ont provoqué des inondations, notamment dans les régions de Redon (Ille-et-Vilaine) et Quimperlé (Finistère).

Claude Canellas à Bordeaux et Pierre-Henri Allain à Rennes, édité par Emmanuel Jarry

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