Attentats: les médecins militaires rattrapés par la "guerre"

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LES MÉDECINS DES HÔPITAUX MILITAIRES RATTRAPÉS PAR LA "GUERRE" APRÈS LES ATTENTATS DE PARIS
LES MÉDECINS DES HÔPITAUX MILITAIRES RATTRAPÉS PAR LA "GUERRE" APRÈS LES ATTENTATS DE PARIS

par Marine Pennetier

SAINT-MANDE, Val-de-Marne (Reuters) - "Ce sont des blessures causées par des armes de guerre, ce sont des choses qu'on voit habituellement quand on est projetés en opération extérieure", déclare Vincent, chirurgien et médecin chef des services à l'hôpital d'instruction militaire de Bégin.

Dans la nuit de vendredi à samedi, cet hôpital de Saint-Mandé (Val-de-Marne) a accueilli 35 blessés des attentats de Paris, dont plus d'une vingtaine par balles et une dizaine de blessés psychiques graves.

La majorité des blessés venaient du Bataclan, théâtre d'une prise d'otages meurtrière dans laquelle plus de 80 personnes ont trouvé la mort, sous le feu des armes des kamikazes.

"Le fait que ce soit arrivé chez nous, sur des personnes qui étaient dans des restaurants ou au Bataclan, c'est assez difficile" émotionnellement, dit Abdou, infirmier de classe supérieure, qui faisait partie de l'équipe médicale et paramédicale qui a pris en charge les blessés à leur arrivée, dans le sas de triage.

A l'hôpital de Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), le deuxième hôpital militaire de la région parisienne, ce sont 17 personnes qui ont été accueillies vendredi soir.

Au total, 50 interventions chirurgicales ont été réalisées dans les blocs opératoires des deux hôpitaux pendant le week-end et 13 patients ont été admis dans les services de réanimation.

"C'est en fait une médecine de guerre dont il s'est agi, une chirurgie de guerre, et les personnes avec qui j'ai pu m'entretenir font référence à ce qu'ils ont connu ailleurs" sur les théâtres d'opération, a déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian, venu observer une minute de silence lundi à midi parmi les personnels de l'hôpital.

PERSONNEL RODÉ

A leur arrivée vendredi soir, les blessés ont été examinés et triés par les urgentistes et les réanimateurs. Les plus grièvement blessés ont été pris en charge par les chirurgiens dans les blocs opératoires. Deux blessés ont succombé à leurs blessures.

"Nos personnels sont parfaitement rodés à la prise en charge de blessés de guerre et là il s'agissait bien de blessés de guerre", souligne le médecin général de l'hôpital Bégin, Maryline Gygax-Genero. "Ce que les personnels de l'hôpital d'instruction des armées font en opérations extérieures, ils l'ont fait dans la nuit de vendredi à samedi".

Dans l'urgence, une cinquantaine de personnels médicaux et une trentaine de personnels paramédicaux ont été rappelés et cinq salles de bloc opératoire ont été préparées en une heure pour accueillir les blessées.

"La grande différence avec les blessures que l'on rencontre dans les opérations extérieures, c'est que les militaires sont des personnes qui sont généralement protégées donc c'est plutôt des polycriblages de membres", explique Vincent.

"Là ça a plutôt été des lésions par balles de proximité, sans aucune protection, donc à ce titre elles sont différentes mais la prise en charge reste sur le plan technique la même".

Le nombre de blessés à prendre en charge dans un laps de temps réduit est également inédit.

"Entre minuit et trois heures du matin, ce sont une trentaine de blessés qui ont été accueillis", ajoute-t-il. "En opération extérieure, on a des afflux de blessés mais un tel nombre avec une unité de temps aussi faible, c'est quand même rare".

(Edité par Yves Clarisse)

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