Attentats du 13 novembre : Pourtant, il faut rejouer

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Attentats du 13 novembre : Pourtant, il faut rejouer
Attentats du 13 novembre : Pourtant, il faut rejouer

Quinze jours après les attentats du 13 novembre, joueurs et entraîneurs des deux clubs parisiens s'apprêtent à retrouver les terrains français : le Racing à domicile face à Toulouse samedi, le Stade Français à Grenoble dimanche. Comment abordent-ils ce retour au jeu ?

Il y a deux semaines, l’horreur s’abattait sur Paris et Saint-Denis. Et c’est la France toute entière qui sombrait dans un trou noir de tristesse, de stupéfaction et d’incompréhension. Pendant 48 heures, ce week-end du 14 et 15 novembre, l’effroi a comme figé la vie des Français et leurs activités. Dans l’hexagone, le sport (dont le rugby) s’est également mis sur pause. Si le Stade Français et Toulouse ont alors bien disputé leurs rencontres de Coupe d’Europe sur des terrains anglais, les autres formations tricolores qui devaient jouer sur le sol français leurs matchs de Champions Cup (Oyonnax, Bordeaux-Bègles, Clermont, Racing 92 et Toulon), ainsi que Pau et Castres en Challenge Cup, sont restées chez elles. Une semaine plus tard, le Stade Français reportait à son tour son match contre le Munster.

Ce week-end, après la parenthèse européenne, le Top 14 reprend ses droits. Mais comment appréhende-t-on la reprise des matchs après de tels événements tragiques ? Découvrez les témoignages de joueur et membre du staff des clubs franciliens (Stade Français et Racing 92).

Yannick NYANGA (troisième ligne Racing 92)
« Ces événements tragiques ne doivent pas nous empêcher de vivre. Je suis croyant, je crois aussi au destin et je me dis qu’il y a plein de façon de mourir. C’est sûr que c’est terrible ce qui est arrivé mais il ne faut pas que ça nous freine, il ne faut pas que ça nous empêche de continuer à vivre ensemble. Je ne sais pas trop quels mots employer parce que c’est assez spécial comme sujet. Bien sûr je ne vais pas aller passer mes vacances en Syrie mais par contre j’essaye de continuer de vivre comme je l’ai toujours fait. »

Laurent TRAVERS (entraîneur des avants du Racing 92)
« Chacun a son propre caractère et sa propre personnalité. Il y en a (ndlr : des joueurs) qui sont beaucoup plus introvertis que d’autres qui s’expriment plus facilement. C’est la psychologie de l’être humain, on est fait ainsi. Dans un rôle de management, il est important de pouvoir bien connaître ses joueurs et quand on connait ses joueurs, il y en a certains avec lesquels il faut parler, d’autres qu’il faut laisser s’exprimer. Les événements sont très durs mais plus on en parle plus on donne d’importance à ces gens-là. Donc je reste convaincu que, bien sûr c’est horrible et il n’y a pas de mots pour décrire ça, mais la vie continue. Que ce soit sur le plan sportif ou professionnel, la preuve vous êtes là vous aussi (s’adressant à la presse).

Il ne faut pas que la peur nous gagne. Arrêtons ! En parler, je pense que c’est accentuer le risque. Plus on en parle et plus ça leur donne de l’importance. Et je le pense sincèrement. Le risque il est partout : à l’étranger, dans d’autres villes, etc. Il n’est pas spécialement dans un stade ou ailleurs… Je pense que nous, vous, arrêtons d’en parler. Non, je ne comprends pas ceux qui auraient une appréhension à aller au stade. Si tu prends le bus, il y a aussi un risque ! Si tu vas faire tes courses, il y a aussi un risque ! »

Pascal PAPE (deuxième ligne du Stade Français)
« C’est compliqué. Dès que vous allumez la télé, obligatoirement vous écoutez ce qu’il se passe. Ce sont quinze jours particuliers, la France est vraiment en difficulté. On a la chance de faire un sport qui nous permet d’exprimer, quelque part, toute cette frustration. Quand on est sous une barre de musculation ou sur le terrain on essaie de ne pas y penser et de se rappeler que la vie est belle et que l’on fait, pour nous, le plus beau métier du monde. »

Geoffrey DOUMAYROU (centre du Stade Français)
« Une fois sur le terrain, on essaie de ne pas en parler, de ne pas y penser. On en a parlé au dehors parce qu’un joueur (ndlr : Rémi Bonfils) a été pris dedans (ndlr : les attentas) mais on essaie de se détacher de ça et de travailler notre rugby. »

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