Attentats-"D'autres innocents perdront leur vie", prévient Valls

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    PARIS, 15 juin (Reuters) - La lutte contre le terrorisme est 
l'affaire d'une génération et d'autres innocents perdront la 
vie, a prévenu mercredi Manuel Valls sur France Inter, deux 
jours après l'assassinat d'un couple de policiers par un 
djihadiste présumé.  
    Le Premier ministre français a rejeté toute idée de 
négligence des forces de l'ordre dans la surveillance du 
meurtrier, Larossi Abbala, qui avait déjà été condamné et se 
trouvait sur écoute téléphonique.  
    "Je ne laisserai pas dire qu'il y a eu de la part de nos 
forces chargées de la lutte contre le terrorisme la moindre 
négligence, ni le moindre manque de discernement", a-t-il dit. 
    Le meurtrier, tué dans l'assaut des forces de l'ordre lors 
de l'attaque survenue à Magnanville (Yvellines), avait été 
condamné par le passé.    
    "Il y a toujours un échec quand il y a deux policiers, deux 
fonctionnaires qui sont assassinés dans ces conditions atroces", 
a souligné Manuel Valls, qui a dit connaître la difficulté de la 
tâche des agents des forces de l'ordre.  
    "C'est pour ça qu'ils ont toute ma confiance et celle du 
gouvernement", a-t-il ajouté. 
    Le placement sur écoute téléphonique d'Abbala "n'a pas 
permis de détecter un éventuel passage à l'acte", a rappelé le 
Premier ministre, selon qui "le passage à l'acte solitaire est 
(...) le plus difficile à déceler".  
    Pour le chef du gouvernement, il faudra 10 à 20 ans pour 
éradiquer la menace du radicalisme islamiste. 
    "D'autres innocents perdront leur vie", a-t-il prévenu. "On 
peut m'accuser de rendre la société encore plus anxiogène 
qu'elle ne l'est aujourd'hui (...). Mais malheureusement, c'est 
cette réalité, c'est l'affaire d'une génération." 
    Manuel Valls a rappelé que 15 attentats avaient été déjoués 
depuis 2013 en France.  
    "Il n'y a pas de risque zéro", a-t-il répété, rappelant que 
1.216 individus font actuellement l'objet d'une enquête 
judiciaire de la Direction générale de la sécurité intérieure en 
raison de leur implication dans les filières syro-irakiennes.    
    Manuel Valls s'est prononcé contre le placement en centre de 
rétention des personnes radicalisées, proposé par des membres de 
l'opposition de droite.  
    "Confondre les mesures de surveillance et les mesures 
d'enfermement est dangereux et affaiblirait la lutte 
anti-terroriste", a-t-il dit.  
    Le Premier ministre a appelé "chacun au sang-froid" et 
invité les Français à observer une minute de silence, ce 
mercredi, à la mémoire des policiers tués à Magnanville.  
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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