Attentat suicide près de l'ambassade américaine à Ankara

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ATTENTAT SUICIDE À UNE ENTRÉE DE L'AMBASSADE DES ÉTATS-UNIS À ANKARA
ATTENTAT SUICIDE À UNE ENTRÉE DE L'AMBASSADE DES ÉTATS-UNIS À ANKARA

par Jonathon Burch

ANKARA (Reuters) - Un attentat suicide imputé par les autorités à l'extrême gauche a été commis vendredi à une entrée latérale de l'ambassade des Etats-Unis en Turquie à Ankara et a coûté la vie à un vigile.

L'attaque n'a pas été revendiquée mais le ministre de l'Intérieur, Muammar Guler, a déclaré que l'auteur de l'attentat appartenait à un groupe d'extrême gauche et semblait être de nationalité turque.

D'après Muammar Guler, le kamikaze est soupçonné de faire partie du Parti-Front de libération populaire (DHKP-C) ou d'un autre groupe d'extrême gauche. Le DHKP-C, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et la Turquie, a été accusé d'un attentat suicide qui a coûté la vie à deux policiers et un touriste en 2001 place Taksim, en plein centre d'Istanbul.

Le Centre national antiterroriste américain (NCTC) estime que le DHKP-C est aujourd'hui affaibli par l'arrestation de plusieurs de ses dirigeants au cours des dernières années. Sa dernière attaque en date a eu lieu dans un commissariat de police d'Istanbul le 11 septembre 2012.

L'assaillant a déclenché ses explosifs à l'intérieur de la mission diplomatique, a déclaré le gouverneur d'Ankara Alaaddin Yuksel. L'explosion, entendue à plus d'un kilomètre à la ronde, a pulvérisé une porte et endommagé la maçonnerie du mur attenant.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a imputé cet attentat, sans plus de précisions, à des "éléments terroristes" contre lesquels il a réclamé une mobilisation de la communauté internationale.

"Le kamikaze a été déchiqueté et un ou deux citoyens de l'équipe spéciale de sécurité sont décédés", a-t-il dit. "Cet événement démontre la nécessité de lutter ensemble partout dans le monde contre ces éléments terroristes."

MISSILES PATRIOT

Les Etats-Unis, par le biais du département d'Etat, ont annoncé qu'ils collaboraient à l'enquête de la police turque au sujet de cette "explosion terroriste".

Flanqué de gardes du corps, l'ambassadeur américain, Francis Ricciardone, est sorti peu après l'explosion par la porte principale de l'enceinte diplomatique, protégée par de hauts murs. "Nous sommes bien sûr très tristes d'avoir perdu un de nos vigiles turcs", a-t-il dit aux journalistes, en remerciant les autorités turques pour la rapidité de leur réaction.

Un journaliste de Reuters a vu une personne blessée installée dans une ambulance tandis que des policiers armés de fusils d'assaut bouclaient le secteur.

"Il y a eu une énorme explosion. J'étais assis dans ma boutique lorsque c'est arrivé. J'ai vu ce qui ressemblait à de la chair humaine par terre", a dit Kamiyar Barnos, dont la boutique, située à une centaine de mètres des lieux de l'explosion, a eu sa vitrine soufflée.

La Turquie a été déjà le théâtre d'attentats commis par des extrémistes islamistes, par des militants d'extrême gauche ou d'extrême droite et par des rebelles kurdes.

Le gouvernement conservateur, issu de la mouvance islamiste, a engagé des discussions de paix avec Abdullah Öcalan, chef emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qualifié d'organisation terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Les rebelles du PKK s'en prennent généralement à des cibles turques, et non étrangères.

La Turquie est aussi l'un des plus virulents détracteurs du président syrien Bachar al Assad sur la scène internationale. Elle a entrepris de déployer le long de sa frontière avec la Syrie des batteries antimissiles Patriot.

Ces batteries, que font fonctionner des soldats américains, allemands et néerlandais de l'Otan, sont officiellement destinées à protéger le territoire turc de tout débordement du conflit en Syrie, où Bachar al Assad est confronté à une rébellion armée ayant fait au moins 60.000 morts.

Avec Ayla Jean Yackley et Daren Butler à Istanbul, Bertrand Boucey et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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