Attentat suicide contre un restaurant de Kaboul, 21 morts

le
1
ATTENTAT SUICIDE MEURTRIER À KABOUL
ATTENTAT SUICIDE MEURTRIER À KABOUL

par Jessica Donati et Mirwais Harooni

KABOUL (Reuters) - Le bilan de l'attentat suicide contre un restaurant libanais prisé de Kaboul, vendredi soir, s'est alourdi à 21 morts, parmi lesquels 13 ressortissants étrangers dont le représentant du FMI et trois employés de l'Onu, selon la police afghane.

Un kamikaze a actionné ses explosifs près de l'entrée de La Taverna du Liban vers 19h30 et deux complices ont ensuite ouvert le feu sur les clients.

L'attentat, commis dans le quartier de Wazir Akbar Khan, où se trouvent de nombreuses ambassades, a été revendiqué par les taliban, en représailles d'un raid aérien ayant coûté la vie à huit civils cette semaine dans la province de Parwan.

Les forces de sécurité ont passé plusieurs heures à sécuriser les lieux pour s'assurer qu'aucun kamikaze ne se cachait parmi les convives.

Les tués sont pour la plupart des expatriés.

Au moins deux ressortissants américains ont été tués, a déclaré l'ambassade des Etats-Unis à Kaboul sur Twitter. Ils étaient employés de l'Université américaine d'Afghanistan (AUA). "Nous sommes tous anéantis par cette nouvelle", a twitté le président de l'AUA, Michael Smith

Deux Canadiens ont également trouvé la mort, a annoncé le ministre des Affaires étrangères, John Baird. Londres a indiqué que deux Britanniques figuraient aussi au nombre des victimes, dont un candidat travailliste aux prochaines élections européennes. Un Danois a été tué dans l'attaque.

Le Fonds monétaire international (FMI) a fait savoir que son représentant permanent à Kaboul, Wabel Abdallah, un Libanais âgé de 60 ans en poste depuis 2008, était également du nombre.

"C'est une nouvelle tragique et nous sommes tous anéantis", dit la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, dans un communiqué.

"De tels attentats contre des civils sont totalement inacceptables et constituent une violation flagrante du droit humanitaire. Ils doivent cesser immédiatement", a déclaré Farhan Haq, porte-parole de l'Onu.

Trois employés de l'Onu, un Russe, un Américain et un Pakistanais, ont trouvé la mort. Le quatrième représentant de l'Onu dont l'organisation internationale a un temps annoncé la mort était en fait le représentant du FMI.

Dans un communiqué publié samedi, le président afghan, Hamid Karzaï, dont les relations avec Washington sont particulièrement tendues, a condamné l'attentat tout en reprochant aux forces américaines et sous commandement de l'Otan de ne pas lutter suffisamment contre le "terrorisme".

"Si les forces de l'Otan commandées par les Etats-Unis veulent être un partenaire uni avec le peuple afghan, elles doivent viser le terrorisme", a-t-il dit.

TROIS KAMIKAZES

L'explosion s'est produite à l'heure du dîner dans ce quartier pourtant protégé par un imposant dispositif de sécurité, où sont également installés de riches Afghans.

Trois kamikazes se sont approchés du restaurant libanais mais deux d'entre eux ont été abattus par les forces de sécurité avant de pouvoir mettre leurs explosifs à feu, selon le ministère de l'Intérieur. Le troisième y est en revanche parvenu.

Deux insurgés sont alors entrés dans l'établissement où ils ont ouvert le feu.

Tandis que le principal axe routier menant au secteur était bouclé, des échanges sporadiques de coups de feu ont alors été entendus pendant une heure, avant que les deux assaillants ne soient abattus par les force de sécurité.

Un cuisinier de l'établissement, Suleiman, a survécu en se réfugiant sur le toit après l'explosion. "Je suis resté le dos contre la cheminée pendant deux ou trois heures. Puis la police est venue me libérer", a-t-il raconté.

Diplomates, journalistes, expatriés d'ONG ou d'entreprises sous contrat: le restaurant, dont le patron a également été tué, était très fréquenté par des ressortissants étrangers.

"La cible de notre attaque était un restaurant fréquenté par des étrangers de haut rang où les envahisseurs avaient l'habitude de dîner et de boire des boissons alcoolisées", souligne le porte-parole des taliban, Zabihullah Moudjahid.

Avec Erik Kirschbaum à Berlin, Louis Charbonneau à New York, Anna Yukhananov et Lesley Wroughton à Washington; Tangi Salaün, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Henri-Pierre André

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M566619 le dimanche 19 jan 2014 à 18:24

    Que c'est beau de condamner verbalement au lieu d'avoir pendant 12 ans écrasé la rébellion de manière systématique en partant du principe que tout Afghan qui n'était pas favorable à l'intervention occidentale était un suspect voire un ennemi.