Attentat suicide au centre culturel français de Kaboul

le
0

(Avec communiqué du Quai d'Orsay, précision sur le lieu de l'attentat) par Hamid Shalizi KABOUL, 11 décembre (Reuters) - Un kamikaze a déclenché ses explosifs jeudi dans une salle du centre culturel français de Kaboul où se jouait une pièce de théâtre, tuant plusieurs personnes, quelques heures après un attentat meurtrier contre un car de l'armée afghane, ont annoncé les autorités françaises et afghanes. Aucune victime française n'est à déplorer, a précisé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius en condamnant "avec la plus grande fermeté cet acte terroriste qui a causé la mort de plusieurs personnes et provoqué de nombreux blessés". Le communiqué du Quai d'Orsay ne fournit pas de bilan plus détaillé. Le vice-ministre afghan de l'Intérieur, le général Ayoub Salangi, avait auparavant parlé d'un mort, sans doute de nationalité étrangère, et de seize blessés. Il a ajouté que le kamikaze était un adolescent d'environ 17 ans qui a actionné ses explosifs à l'intérieur du centre culturel, situé dans l'enceinte du lycée Esteqlal. La sécurité avait été fortement renforcée en prévision de la représentation théâtrale, a déclaré le chef de la police de Kaboul Abdul Rahman Rahimi, selon lequel le kamikaze pourrait avoir dissimulé les explosifs dans ses sous-vêtements. Son âge approximatif a pu être déterminé grâce à sa tête, seule partie intacte de son corps, a-t-il dit. Le lycée Esteqlal, un des plus anciens et prestigieux de Kaboul, héberge également le Centre culturel français. Il est gardé en permanence par l'armée afghane et a accueilli cette année un débat entre les deux principaux candidats à l'élection présidentielle. SIX SOLDATS TUÉS La capitale afghane avait déjà été secouée dans la matinée par un attentat suicide visant un car de l'armée, dans lequel six soldats afghans avaient été tués. Le kamikaze, qui se déplaçait à pied, a actionné sa charge au passage du bus qui transportait les soldats vers leur lieu de travail, a précisé Dawlat Waziri, porte-parole adjoint du ministère de la Défense. L'attentat s'est produit dans le quartier excentré de Tarakhil, dans l'est de Kaboul. "Nous avons malheureusement perdu six soldats et onze autres ont été blessés dans cet attentat suicide", a-t-il ajouté. L'attaque a été revendiquée par les taliban, qui affirment que douze militaires ont péri dans l'explosion. Cela faisait près de deux semaines que la capitale afghane n'avait plus été le théâtre d'attaques, une période de calme inhabituelle alors que l'année en cours est la plus meurtrière depuis l'intervention internationale contre les taliban déclenchée fin 2001 par les Etats-Unis. Parallèlement, dans la province septentrionale de Parwan, cinq écoliers afghans ont été tués dans une frappe aérienne menée par la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), rapportent des responsables locaux. L'Isaf a confirmé avoir mené un raid aérien dans ce secteur mais a affirmé que les cinq victimes étaient des insurgés repérés lors d'une mission de reconnaissance aérienne. "Après s'être assuré qu'ils étaient loin de tout civil, l'équipage a tiré sur eux avec des munitions de précision", ajoute l'Isaf dans un communiqué. (Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant