Attentat suicide à Lahore au Pakistan, 65 morts

le , mis à jour le
0
    * L'attaque a été revendiquée par une faction des taliban 
pakistanais 
    * "La cible était les chrétiens", précise le groupe armé 
    * Le bilan pourrait s'alourdir 
 
 (Actualisé avec citation de l'armée et contexte § 3-10-11-12) 
    par Mubasher Bukhari et Mehreen Zahra-Malik 
    LAHORE, Pakistan, 27 mars (Reuters) - Un attentat suicide a 
fait au moins 65 morts, en majorité des femmes et des enfants, 
et plus de 300 blessés dimanche près d'un jardin public de 
Lahore, dans l'est du Pakistan, ont annoncé la police et les 
secours. 
    L'attentat a été revendiqué par les taliban de la faction 
Jamaat-ul-Ahrar qui précisent avoir "ciblé les chrétiens". 
    "Nous devons traduire en justice les meurtriers de nos 
frères, soeurs et enfants innocents et nous ne laisserons jamais 
ces sauvages inhumains submerger notre vie et notre liberté", a 
déclaré lundi sur Twitter un porte-parole de l'armée, Asim 
Bajwa. 
    L'explosion s'est produite sur l'aire de stationnement du 
Gulshane-Iqbal Park, devant la grille d'entrée et à quelques 
dizaines de mètres de la zone de jeux des enfants. 
    "Lorsque l'explosion s'est produite, les flammes sont 
montées si haut qu'elles ont dépassé les arbres et j'ai vu des 
corps voler dans les airs", a raconté Hassan Imran, un habitant 
qui s'était rendu dans le jardin pour se promener. 
    Des responsables pakistanais ont indiqué que le bilan 
s'établissait à 65 tués et plus de 300 blessés. Le chef de la 
police Mustansar Feroz a précisé que la plupart des victimes 
étaient des femmes et des enfants. 
    Un conseiller du gouvernement du Pendjab chargé des 
questions sanitaires a déclaré que de nombreux blessés étaient 
soignés dans des hôpitaux et que le nombre de morts risquait de 
s'accroître de manière considérable. 
    Les images des télévisions locales montrent des femmes et 
des enfants dans des mares de sang, pleurant et criant à 
l'extérieur du jardin. Des policiers et des passants évacuaient 
des blessés en les portant dans leurs bras. 
    "La cible était les chrétiens. Nous envoyons ce message au 
Premier ministre Nawaz Sharif pour lui dire que nous sommes 
entrés dans Lahore", a déclaré Ehsanullah Ehsan, porte-parole de 
la faction Jamaat-ul-Ahrar. "Il peut faire ce qu'il veut mais il 
ne nous arrêtera pas. Nos kamikazes vont continuer ces 
attaques", a-t-il ajouté. 
    Le Pakistan est la cible de violents attentats commis par 
des islamistes depuis une quinzaine d'années, lorsque Islamabad 
s'est rallié aux Etats-Unis contre Al Qaïda. Si l'armée, la 
police, le gouvernement et les intérêts occidentaux sont les 
cibles principales des taliban pakistanais et de leurs alliés, 
la petite communauté chrétienne de même que d'autres minorités 
religieuses ont également été visées. 
    En 2013, près de 80 personnes avaient été tuées dans un 
attentat suicide dans une église de Peshawar, dans le nord du 
pays. 
    Des centaines de suspects ont en outre été arrêtés par les 
autorités en lien avec le massacre de 134 enfants dans une école 
militaire de la même ville, commis en décembre 2014. 
     
    "OMBRE DE SOUFFRANCE SUR LES FÊTES DE PÂQUES" 
    Lahore est la capitale de la riche province du Pendjab, fief 
politique du Premier ministre Nawaz Sharif. 
    Les autorités locales ont ordonné la fermeture de tous les 
parcs et jardins publics et annoncé trois journées de deuil dans 
la province. Les principales zones commerciales ont également 
été fermées. 
    Le Vatican a condamné cette attaque et a indiqué que le pape 
François priait pour tous les Pakistanais, y compris ceux de la 
minorité chrétienne. 
    "Le massacre de dizaines de personnes innocentes dans un 
jardin de Lahore, au Pakistan, jette une ombre de tristesse et 
de souffrance sur les fêtes de Pâques", déclare le Saint-Siège. 
    Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la 
Maison blanche, Ned Price, a indiqué que "les Etats-Unis 
soutenaient le peuple et le gouvernement pakistanais dans ces 
heures difficiles". 
    "Nous continuerons à travailler avec nos partenaires au 
Pakistan et dans la région pour éradiquer le fléau du 
terrorisme", a-t-il ajouté. 
    Dans un communiqué diffusé dans la soirée par l'Elysée, 
François Hollande "exprime aux autorités et au peuple du 
Pakistan toute la solidarité de la France dans ces moments 
douloureux et rappelle la volonté inflexible de notre pays de 
continuer à combattre partout le terrorisme". 
    Sur son compte Twitter, le chef de la diplomatie française, 
Jean-Marc Ayrault, a condamné avec force cet "attentat odieux et 
barbare". 
 
 (Guy Kerivel et Julie Carriat pour le service français, édité 
par Henri-Pierre André) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant