Attentat rebelle contre le Premier ministre syrien

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LE PREMIER MINISTRE SYRIEN ÉCHAPPE À UN ATTENTAT
LE PREMIER MINISTRE SYRIEN ÉCHAPPE À UN ATTENTAT

par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - Le Premier ministre syrien a échappé lundi à un attentat à la bombe visant le convoi de véhicules dans lequel il circulait dans le centre de Damas, nouvelle illustration de la capacité des rebelles à prendre pour cible les dignitaires du régime.

L'attaque, qui a fait six morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH, opposition), est la deuxième contre un membre du gouvernement du président Bachar al Assad, après celle ayant visé le ministre de l'Intérieur, blessé en décembre.

Waëd al Halki, dont le rôle en tant que Premier ministre est surtout protocolaire, avait été désigné au mois d'août à ce poste après la défection de Riyadh Hidjab, réfugié en Jordanie quelques jours après un bombardement qui avait coûté la vie à quatre hauts conseillers présidentiels dans la capitale.

Le chef du gouvernement a dénoncé cet attentat comme le signe "d'une faillite et d'un échec des groupes terroristes", rapporte l'agence de presse officielle Sana.

L'explosion s'est produite dans le quartier de Mezze, peu après 09h00 (06h00 GMT) et a provoqué la mort d'un membre du cortège officiel et de cinq passants, selon l'OSDH.

La télévision officielle a montré les images d'une voiture détruite et d'un autobus blanc dont les vitres ont été soufflées par l'explosion et les sièges brûlés.

"L'explosion terroriste dans le quartier de Mezze était une tentative de cibler le convoi du Premier ministre. Le docteur Waël al Halki va bien et n'est pas du tout blessé", a dit la chaîne Al Ikhbariya.

Elle a diffusé par la suite des images de Waël al Halki, l'air tranquille, présidant la réunion d'une commission économique dans ses bureaux.

"PÉRIMÈTRE DE SÉCURITÉ"

Le quartier de Mezze fait partie du "périmètre de sécurité", zone du centre de Damas qui abrite les principaux bâtiments gouvernementaux et militaires ainsi que les résidences de nombreux officiels du régime syrien.

Ce quartier, qui a longtemps paru être à l'abri des destructions, est de plus en plus menacé par les violences qui touchent la Syrie depuis deux ans.

De la partie orientale de Damas qu'ils tiennent, les insurgés multiplient les bombardements et les attaques spectaculaires contre des objectifs dans le centre de la ville.

Les troupes pro-Assad ont perdu le contrôle de larges zones dans les parties est et nord du pays et sont confrontées à une situation délicate dans la province de Deraa dans le sud où elles se heurtent aux rebelles dans de nombreuses localités.

En revanche, elles ont mené plusieurs offensives d'ampleur, appuyées par l'artillerie et l'aviation, contre des zones aux mains des insurgés autour de Damas et près de Homs (centre).

Cette dernière ville constitue un point de passage essentiel entre la capitale et les régions montagneuses proches de la côte méditerranéenne, berceau de la minorité alaouite à laquelle appartient la famille Assad.

Selon les Etats-Unis, les forces gouvernementales ont certainement fait usage d'armes chimiques lors de ces offensives.

La Russie, alliée indéfectible de la Syrie depuis le début de la guerre, a accusé les puissances occidentales de chercher un prétexte pour intervenir dans le conflit en exigeant un élargissement de l'enquête de l'Onu sur l'emploi de ces armes.

"Il y a certainement des gouvernements et un certain nombre d'acteurs extérieurs qui estiment que tous les moyens sont bons pour renverser le régime syrien", a déclaré Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères.

"Mais la question de l'emploi d'armes de destruction massive est trop grave pour qu'on plaisante avec. Qu'on cherche à en tirer un avantage à des fins géopolitiques n'est pas acceptable", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Avec Thomas Grove à Moscou, Hélène Duvigneau et Clémence Apetogbor pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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