Attentat meurtrier dans le centre de Beyrouth

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ATTENTAT MEURTRIER DANS LE CENTRE DE BEYROUTH
ATTENTAT MEURTRIER DANS LE CENTRE DE BEYROUTH

par Oliver Holmes

BEYROUTH (Reuters) - Un attentat à la voiture piégée a fait au moins huit morts et 78 blessés vendredi dans le centre de Beyrouth, ont rapporté des témoins et des responsables libanais.

On ignore si cet attentat, survenu dans une rue abritant les locaux des Phalanges chrétiennes, visait un responsable politique.

Le Liban, où les plus hautes fonctions sont réparties selon des critères confessionnels, est en proie à des tensions entre partisans et adversaires du président syrien Bachar al Assad.

Ce dernier, dont le régime a longtemps exercé une tutelle de fait sur le Liban, est confronté dans son pays à un soulèvement armé.

Amine Gemayel, président des Phalanges et adversaire résolu du président syrien, a condamné cet attentat.

"Que l'Etat protège les citoyens. Nous ne tolérerons aucune procrastination en la matière, nous ne pouvons pas continuer ainsi. Nous mettons en garde depuis un an. Assez", a dit Amine Gemayel, dont le frère Pierre a été assassiné en novembre 2006.

Plusieurs véhicules ont pris feu en raison de l'explosion, qui a fortement endommagé la façade d'un immeuble de plusieurs étages dans le quartier majoritairement chrétien d'Achrafieh, près de la place Sassine.

Des ambulances ont convergé vers les lieux de la déflagration, survenue en pleine heure de pointe alors que de nombreux parents venaient chercher leurs enfants à l'école.

Des habitants paniqués recherchaient leurs proches tandis que d'autres aidaient à transporter les victimes.

Les forces de sécurité se sont déployées dans le quartier.

TENSIONS AU LIBAN

La Syrie, gouvernée par la minorité alaouite, a longtemps exercé une tutelle de fait sur le Liban après la guerre civile (1975-1990). Elle a dû mettre un terme officiel à sa présence militaire chez son voisin après l'attentat qui a coûté la vie au Premier ministre sunnite Rafic Hariri en février 2005 à Beyrouth.

Les partisans de Hariri ont accusé la Syrie et le Hezbollah chiite, allié de Damas au Liban, d'être les commanditaires de cet attentat, ce que les deux démentent. Le Tribunal spécial pour le Liban mis en place par les Nations unies après la mort de Rafic Hariri a inculpé quatre suspects, membres du Hezbollah.

Le dernier attentat en date dans la capitale libanaise remontait à 2008. Il avait fait trois morts et endommagé un véhicule diplomatique américain.

La guerre civile qui a éclaté en Syrie à la suite du soulèvement contre le régime Assad en mars 2011 a ravivé les tensions au Liban entre mouvements politiques et communautés confessionnelles, notamment à Tripoli, dans le nord du pays, théâtre d'affrontements armés cette année.

Avec Mariam Karouny, Bertrand Boucey pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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