Attentat meurtrier contre l'armée syrienne près de Hama

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par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - Une cinquantaine de soldats et de miliciens ont été tués en Syrie lundi dans un attentat suicide à la voiture piégée dans le centre-ouest du pays, dit l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH).

Cette attaque est survenue au moment où l'opposition, réunie au Qatar, cherche à surmonter ses divisions pour présenter un front uni face au régime de Bachar al Assad après plus de dix-neuf mois d'un conflit meurtrier.

L'agence de presse officielle Sana fait état d'un attentat suicide visant un centre de développement rural à Sahl al Ghab, dans la province de Hama, qui aurait fait deux morts parmi les civils et plusieurs blessés.

Selon l'OSDH, une organisation proche de l'opposition basée à Londres, ce centre est l'une des plus grandes bases des forces de sécurité et des miliciens dans la région.

"Un combattant du Front al Nousra (un groupe soupçonné de lien avec Al Qaïda-NDLR) s'est fait exploser", a déclaré Rami Abdelrahman, directeur de l'OSDH. "Il a conduit sa voiture jusqu'au centre et s'est fait exploser. Une série d'explosions a suivi. Au moins 50 personnes ont été tuées."

A Damas, un attentat à la bombe a fait 11 morts et plusieurs dizaines de blessés, dont des enfants, dans l'ouest de la capitale, selon la télévision syrienne et l'opposition.

Selon l'OSDH, au moins 11 personnes ont péri et 30 ont été blessées dans un attentat à la voiture piégée dans le quartier de "Mezzeh 86", peuplé en majorité de membres de la minorité alaouite du président Assad.

Une unité rebelle, Seig al Sham, a revendiqué la responsabilité de l'attentat qui visait selon elle un point de rencontre entre la police et l'armée.

ATTAQUE DANS LA NUIT

Un peu plus tôt lundi, l'aviation, l'artillerie et des blindés de l'armée étaient entrés en action à Damas, quelques heures après une attaque par des combattants insurgés de miliciens loyalistes soutenant le régime.

Au moins dix personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées lors de l'opération menée contre les quartiers à majorité sunnite de Sbeineh, Yalda, Bibla, al Tadamon et Hajar a-Aswad, a-t-on appris auprès de l'opposition.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) avaient attaqué des miliciens loyalistes dans le quartier de Nisrine, également dans le sud de Damas mais à la population majoritairement alaouite.

Dans la province d'Idlib (nord-ouest), au moins 20 rebelles de la brigade des martyrs d'Idlib, ont été tués dans une attaque aérienne de l'armée sur la ville de Haram, selon l'OSDH.

PRÉCISIONS DE MOSCOU

A Doha, l'opposition syrienne est réunie depuis dimanche avec pour objectif d'élargir la composition du Conseil national syrien (CNS), la plus grande instance de l'opposition en exil, très critiquée notamment par les Etats-Unis pour son manque de représentativité.

Face à l'impasse diplomatique, le médiateur international Lakhdar Brahimi a appelé dimanche les grandes puissances à présenter au Conseil de sécurité de l'Onu une résolution sur la base de l'accord dégagé en juin à Genève en faveur d'un gouvernement de transition en Syrie.

La déclaration de Genève, conclue le 30 juin sous la médiation de Kofi Annan, alors émissaire international, prône l'instauration d'un gouvernement de transition en Syrie sans toutefois préciser le rôle d'Assad dans ce processus.

La Russie a de son côté apporté lundi son soutien à une initiative du Caire visant à réunir de nouveau l'Egypte, la Turquie, l'Arabie saoudite et l'Iran pour tenter de trouver un règlement négocié au conflit en Syrie.

Depuis une séance préparatoire le 10 septembre au Caire, deux réunions ministérielles ont eu lieu mais à chaque fois le gouvernement de Ryad n'était pas représenté.

"Nous soutenons pleinement l'initiative du quartet régional que le président (égyptien Mohamed) Morsi a lancé pour résoudre la crise syrienne", a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à l'issue d'une rencontre au Caire avec son homologue égyptien, Mohamed Kamel Amr.

"Tous les principaux acteurs, dont les cinq membres du Conseil de sécurité (de l'Onu), se sont mis d'accord sur la déclaration de Genève. Tous les participants ont accepté d'amener les deux camps en Syrie vers un cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Dans un entretien publié par le quotidien égyptien Al Ahram, le chef de la diplomatie russe souligne par ailleurs que les livraisons d'armes par Moscou à la Syrie s'inscrivent dans les accords de coopération signés du temps de l'Union soviétique et ne portent pas atteinte au droit international.

avec Rania el Gamal et Regan Doherty au Qatar et Marwa Awad au Caire, Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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