Attentat d'Ankara-Erdogan évoque une faille du renseignement

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ISTANBUL/ANKARA, 13 octobre (Reuters) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué mardi une possible défaillance des services de renseignements à propos du double attentat qui a fait 97 morts samedi à Ankara. "Ce serait faire preuve d'arrogance que de dire qu'il n'y a pas eu ici d'échec dans le renseignement. Il y a là assurément une erreur, une défaillance, mais son ampleur sera révélée par l'enquête", a déclaré le chef de l'Etat dans ses premiers commentaires publics depuis l'attentat. Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a déclaré lundi que la mouvance de l'Etat islamique était la piste privilégiée par les enquêteurs. Des responsables à Ankara ont dit centrer leurs recherches autour de la "cellule d'Adiyaman", du nom de la province d'Adiyaman, dans le sud-est de la Turquie, soupçonnée d'avoir été derrière l'attentat du 20 juillet dernier qui a fait 34 morts à Suruç, près de la frontière syrienne. La cellule d'Adiyaman serait également impliquée dans le bombardement d'un rassemblement de l'opposition pro-kurde à Diyarbakir, ville du sud-est de la Turquie, survenu à la veille des élections législatives du mois de juin. "Il y a une possibilité que quelqu'un du groupe Adiyaman ait pu être responsable (de l'attentat d'Ankara)", a dit un haut responsable du gouvernement à Reuters, sous le sceau de l'anonymat. "L'enquête suit son cours. Nous avons quelques suspects et des noms (...). Des échantillons d'ADN ont été prélevés dans des familles et nous allons essayer de voir s'ils peuvent correspondre. Les noms des auteurs seront révélés sous peu", a-t-il ajouté. L'Etat islamique, généralement prompt à revendiquer le moindre attentat qu'il réalise, n'a jamais rien dit sur les attentats d'Ankara, Diyarbakir ou Suruç. Selon Osman Suzen, chef de la branche d'Adiyaman de l'Association des droits de l'homme turque, plusieurs familles de la ville ont fait part ces dernières années aux autorités de leur préoccupation au sujet de leurs fils partis en Syrie pour rejoindre l'Etat islamique. "Ce problème se pose depuis 2013 et aucune enquête efficace n'a pour l'instant été menée, a-t-il déclaré. Les opposants au président Erdogan accusent la Turquie d'avoir été trop lente à réagir face à l'EI. De nombreux Turcs ont traversé la frontière pour se rendre en Syrie combattre aux côté de l'EI avant que la Turquie ne commence à prendre des mesures de contrôle. Selon le journal Radikal de mardi, la police a identifié 21 personnes soupçonnées d'appartenir à l'EI, dont six femmes, qui étaient en train de préparer un attentat en Turquie. Dix-huit d'entre elles seraient d'Adiyaman. (Humeyra Pamuk et Orhan Coskun avec Gulsen Solaker à Ankara; Danielle Rouquié pour le service français)

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