Attentat contre la sous-préfecture de Corte, en Corse

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ATTENTAT CONTRE UNE SOUS-PRÉFECTURE EN CORSE
ATTENTAT CONTRE UNE SOUS-PRÉFECTURE EN CORSE

AJACCIO (Reuters) - Une attaque avec une voiture volée suivie d'une tentative d'attentat à l'explosif a visé dans la nuit de samedi à dimanche en Corse la sous-préfecture de Corte, un type d'action qui n'était pas arrivé depuis longtemps sur cette île rompue à la violence indépendantiste.

Les autorités ont condamné cette action fermement. La police hésite sur son origine, acte d'un groupe organisé souhaitant relancer la violence avant la présidentielle, ou action isolée liée à un procès en cours à Paris.

La violence politique, moins présente dans le débat politique national, est toujours élevée sur l'île. En 2011, le FLNC (Front de libération nationale de la Corse) a revendiqué 38 attentats et un assassinat dans l'île, mais le dernier attentat visant une préfecture remontait à décembre 2007 à Ajaccio.

Aux alentours de 02h20, dans les ruelles de la cité située dans le centre de la Corse, "capitale" historique de l'île pour les indépendantistes, "trois hommes cagoulés ont menacé à l'aide d'un fusil de chasse un petit groupe d'étudiants qui regagnait leur voiture, afin de la lui voler", a expliqué à Reuters Jean-François Lelièvre, le coordonnateur des services de sécurité intérieure en Corse.

"Ceux-ci qui croyaient d'abord à une blague, puisque c'était le premier avril, ont par la suite obtempéré sous la menace de l'arme", a-t-il précisé.

Quelques minutes plus tard, le commando a défoncé avec ce véhicule la grille de la sous-préfecture puis a déposé un engin explosif fabriqué à l'aide un extincteur, avant d'incendier le véhicule.

UN PROCÈS D'ACTIVISTES EN COURS À PARIS

"Les trois individus se tenaient à proximité pour surveiller l'explosion de la bombe quand une patrouille de gendarmes mise en place pour surveiller la petite délinquance, les a surpris", a raconté un enquêteur.

Tandis que le groupe prenait la fuite à pied, les gendarmes ont alerté les pompiers qui ont maîtrisé l'incendie de la voiture. La bombe n'a pas fonctionné et a été neutralisée dans la matinée par les démineurs.

Le préfet de Haute-Corse Louis le Franc, Jean-François Lelièvre, le colonel Christian Rodriguez, commandant de la région de gendarmerie de Corse et le procureur de Bastia Dominique Alzeari, se sont rendus sur les lieux dans la nuit.

Le préfet a condamné "fermement cet attentat visant un symbole très fort de la République". Il a rappelé que d'autres locaux représentant des institutions républicaines avaient été la cible d'attentat.

Dans la nuit du 6 mars, la mairie du village de Calenzana, en Balagne, avait été la cible d'un attentat provoquant de légers dégâts matériels. Le 22 octobre 2011, la mairie annexe de Prunelli-di-Fiumorbo sur la plaine orientale de l'île avait été visée par un engin explosif de faible puissance.

Ces deux attentats ne semblent cependant pas en lien avec l'action de Corte, selon un gendarme. "Si l'engin avait fonctionné, les dégâts dans l'enceinte de la sous-préfecture auraient pu être très importants", a dit à la presse le procureur Dominique Alzeari.

Le parquet de Paris a confié l'enquête à la sous-direction antiterroriste, mais toutes les pistes sont envisagées, du fait notamment de la technique employée.

"Le vol d'un véhicule à la dernière minute, l'arme et l'engin employés mais aussi la fuite à pied montrent que cet attentat est du travail d'amateur. Il pourrait être en lien avec le procès de Dominique Pasqualaggi", a dit à Reuters un policier.

Dominique Pasqualaggi, aujourd'hui paraplégique, un des chefs supposé de la cellule cortenaise du groupe armé "FLNC du 22 octobre", est jugé depuis une semaine par la cour d'assises spéciale de Paris avec huit autres hommes, pour dix attentats terroristes, notamment une action contre la trésorerie d'Aix-en-Provence où le poseur de bombe avait trouvé la mort, en 2006.

Roger Nicoli avec Thierry Lévêque à Paris, édité par Benjamin Massot

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