Attentat contre l'armée syrienne, l'opposition réunie au Qatar

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par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - Une cinquantaine de soldats et de miliciens ont été tués lundi en Syrie dans un attentat suicide à la voiture piégée dans le centre du pays.

Cette attaque est survenue au moment où l'opposition, réunie au Qatar, cherche à surmonter ses divisions pour présenter un front uni face au régime de Bachar al Assad après plus de dix-neuf mois d'un conflit meurtrier.

"Un combattant du Front al Nousra (un groupe soupçonné de lien avec Al Qaïda-NDLR) s'est fait exploser (...) dans la province de Hama. Au moins 50 personnes ont été tuées", a déclaré Rami Abdelrahman, directeur de l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH), une organisation proche de l'opposition syrienne basée à Londres.

A Damas, l'aviation, l'artillerie et des blindés de l'armée sont de leur côté entrés en action dans la matinée, quelques heures après une attaque par des combattants insurgés de miliciens loyalistes soutenant le régime.

Au moins dix personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées lors de l'opération menée contre les quartiers à majorité sunnite de Sbeineh, Yalda, Bibla, al Tadamon et Hajar a-Aswad, a-t-on appris auprès de l'opposition.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) avaient attaqué des miliciens loyalistes dans le quartier de Nisrine, également dans le sud de Damas mais à la population majoritairement alaouite, la branche de l'islam à laquelle appartient le chef de l'Etat.

Dans la province d'Idlib (nord-ouest), au moins 20 rebelles ont été tués dans une attaque aérienne de l'armée sur la ville de Haram, selon l'OSDH.

PRÉCISIONS DE MOSCOU

A Doha, l'opposition syrienne est réunie depuis dimanche avec pour objectif d'élargir la composition du Conseil national syrien (CNS), la plus grande instance de l'opposition en exil, très critiquée notamment par les Etats-Unis pour son manque de représentativité.

Face à l'impasse diplomatique, le médiateur international Lakhdar Brahimi a appelé dimanche les grandes puissances à présenter au Conseil de sécurité de l'Onu une résolution sur la base de l'accord dégagé en juin à Genève en faveur d'un gouvernement de transition en Syrie.

La déclaration de Genève, conclue le 30 juin sous la médiation de Kofi Annan, alors émissaire international, prône l'instauration d'un gouvernement de transition en Syrie sans toutefois préciser le rôle d'Assad dans ce processus.

La Russie a de son côté apporté lundi son soutien à une initiative du Caire visant à réunir de nouveau l'Egypte, la Turquie, l'Arabie saoudite et l'Iran pour tenter de trouver un règlement négocié au conflit en Syrie.

Depuis une séance préparatoire le 10 septembre au Caire, deux réunions ministérielles ont eu lieu mais à chaque fois le gouvernement de Ryad n'était pas représenté.

"Nous soutenons pleinement l'initiative du quartet régional que le président (égyptien Mohamed) Morsi a lancé pour résoudre la crise syrienne", a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à l'issue d'une rencontre au Caire avec son homologue égyptien, Mohamed Kamel Amr.

"Tous les principaux acteurs, dont les cinq membres du Conseil de sécurité (de l'Onu), se sont mis d'accord sur la déclaration de Genève. Tous les participants ont accepté d'amener les deux camps en Syrie vers un cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Dans un entretien publié par le quotidien égyptien Al Ahram, le chef de la diplomatie russe souligne par ailleurs que les livraisons d'armes par Moscou à la Syrie s'inscrivent dans les accords de coopération signés du temps de l'Union soviétique et ne portent pas atteinte au droit international.

Avec Rania el Gamal et Regan Doherty au Qatar et Marwa Awad au Caire, Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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