Attentat Charlie Hebdo / M.Boudjellal : " J'en connaissais certains... "

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Attentat Charlie Hebdo / M.Boudjellal : " J'en connaissais certains... "
Attentat Charlie Hebdo / M.Boudjellal : " J'en connaissais certains... "
Ancien propriétaire d'un éditeur de bandes dessinées, le président du RC Toulon Mourad Boudjellal est revenu jeudi en conférence de presse sur l'attentat qui a visé la rédaction de Charlie Hebdo et fait douze victimes.

Actuel président du RC Toulon et ancien propriétaire des Editions du Soleil, spécialisées dans la bande dessinée, Mourad Boudjellal a pris la parole jeudi en conférence de presse. Il est revenu sur l'attentat qui a frappé la rédaction de Charlie Hebdo et qui a fait douze victimes, dont certaines connaissances du président toulonnais. « Je ne veux pas m'accaparer la tristesse et dire que c'est la tristesse du RCT. Je n'ai pas cette légitimité puisque le RCT appartient aux Toulonnais. Mais je pense que sur un sujet comme celui-là, tout le monde se sent très proche. On essaiera de rendre hommage (ndlr : samedi lors de la réception du Racing-Métro pour la 16eme journée de Top 14). J'en connaissais certains et je peux vous dire que Charb ou Cabu auraient dit : '' Il n'y a que les gros cons qui rendent hommage ! ''. Ce n'est pas du tout leur façon de voir les choses, parce que c'est stupide de rendre hommage quelque part. La plus belle façon de leur rendre hommage, c'est d'éviter que les gens se déchirent et que leurs morts aient servi à ce que les gens se rapprochent. »

Mourad Boudjellal a également confié son incompréhension face à la tragédie qui a eu lieu ce mercredi, lui qui est touché par ces événements aussi de par ses origines. « Ce qui est impensable, c'est qu'on puisse mourir criblé de balles en France, s'est indigné le président varois. Ce sont des trucs qui n'existent pas chez nous. En France, on ne meurt pas criblé de balles parce qu'on est un humoriste, un journaliste ou qu'on dit ce qu'on pense. Au Moyen-âge peut-être. Et au nom de personne ! Je suis d'origine arabe, surement comme les deux jeunes dont j'ai vu la photo ce matin (jeudi), mes parents sont venus en France dans les années cinquante, je suis né en France, mon pays c'est la France et... (silence) la guerre que moi j'ai menée, c'est une guerre d'intégration. Ma guerre à moi, ça a été d'apporter quelque chose à ce pays, d'amener ma quote-part à l'édifice français, ma petite pierre. Ma guerre à moi, ce ne sont pas les kalachnikovs, ce n'est pas croire en Dieu ou dire '' ma religion est meilleure que la tienne ''. La plus belle guerre, c'est celle de l'intégration, du respect des autres et de se lever le matin en disant '' je suis Français et je suis fier de ce que j'apporte à la France ''. La France peut être fière d'avoir des enfants issus de l'immigration qui viennent chacun apporter un peu plus à ce pays et qui le font grandir. »

Enfin, le président toulonnais a eu une réflexion sur l'influence que les événements de ce mercredi auront sur les jeunes générations, dont ses propres enfants, à l'image de ce qui est arrivé le 11 septembre 2001. « Aujourd'hui, je pense à ces crétins qui font beaucoup de mal à des gens comme moi qui ont beaucoup de consonnes dans leur nom. J'ai une gamine de onze ans qui s'est levée à quatre heures et demie du matin aujourd'hui pour voir la télé. Le 11 septembre 2001, j'avais une autre petite fille - qui est plus grande aujourd'hui - qui en a pris plein la gueule à l'école. Et je sais que ma gamine de onze ans, elle va en prendre plein la gueule parce que les gamins ne sont pas intelligents dans leur analyse, ça amalgame tout et on ne peut pas leur en vouloir. »

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