Attentat à Tunis : «L'armée tunisienne n'est pas à la hauteur face à la menace jihadiste»

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Attentat à Tunis : «L'armée tunisienne n'est pas à la hauteur face à la menace jihadiste»
Attentat à Tunis : «L'armée tunisienne n'est pas à la hauteur face à la menace jihadiste»

Professeur à la New York University et spécialiste du monde arabe, Mansouria Mokhefi juge que le coup porté à la démocratie tunisienne est terrible.

Une attaque aussi meurtrière, au musée du Bardo, était-elle prévisible ?

Mansouria Mokhefi. Personne ne pouvait imaginer un coup de force d'une telle ampleur, en plein c½ur de Tunis. Mais la situation était tout de même préoccupante depuis un moment. En 2012, il y avait déjà eu un attentat contre l'ambassade des Etats-Unis, et en 2013 une série d'assassinats de responsables politiques. Les forces de sécurité n'offrent pas une garantie suffisante. Elles ne sont pas formées pour faire face à la menace jihadiste, l'armée n'est pas à la hauteur de l'enjeu sécuritaire. Dans le sud du pays, ce sont les militaires algériens qui surveillent la frontière à sa place et mènent la répression contre les islamistes. La Tunisie n'est pas prête à faire face, c'est le problème principal.

Les Tunisiens s'engagent par milliers pour faire le jihad en Irak et en Syrie. Et maintenant en Libye...

Oui. Selon les chiffres communiqués par les autorités elles-mêmes, 3 000 à 4 000 Tunisiens sont partis, 500 sont revenus. C'est l'un des contingents les plus importants de combattants étrangers. Il y a un attrait pour le califat qui gagne désormais la Libye voisine. Bien sûr, il ne faut pas généraliser. Certains activistes se sont rendu compte de la réalité sur le terrain, beaucoup n'ont pas adhéré à la violence sectaire des jihadistes après l'avoir constatée. Mais d'autres sont retournés au pays plus endoctrinés qu'avant, avec la claire volonté de combattre ce qu'ils appellent le « gouvernement des infidèles ».

Pourquoi la Tunisie a-t-elle toujours abrité des foyers islamistes ?

Il y a la Tunisie éclairée, celle de la côte nord : la Tunisie laïque, libérale et pacifiste. Et une Tunisie du sud qui a toujours été profondément attachée à l'islam, vécu comme une réponse ...

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