Attentat à Tombouctou, une dizaine d'islamistes tués

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par Adama Diarra

BAMAKO (Reuters) - Un attentat suicide à la voiture piégée a tué un soldat malien et en a blessé six autres dans la nuit, à l'aéroport de Tombouctou, et la riposte a fait une dizaine de morts parmi les activistes islamistes, ont annoncé jeudi des porte-parole des armées française et malienne.

Il s'agit du premier attentat suicide commis dans cette ville du nord du Mali depuis que les troupes françaises en ont chassé la guérilla islamiste, il y a près de deux mois.

"Il s'est produit à un point de contrôle de l'armée malienne, juste avant le point de contrôle français (...) Nous quadrillons pour vérifier s'il y a d'autres assaillants dans le secteur", a déclaré le capitaine Samba Coulibaly, porte-parole des forces maliennes à Tombouctou.

Selon le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major français à Paris, les troupes locales et le contingent français ont déjoué dans la nuit une tentative d'infiltration dans l'enceinte de l'aéroport qui a commencé par l'explosion d'un véhicule suicide malien.

Au total, "une dizaine de terroristes ont été neutralisés dans cette attaque qui n'a pas fait de victime côté français", a-t-il précisé.

"Un escadron français stationné à Tombouctou est intervenu en appui des Maliens. Une patrouille de chasse a été mise en place qui a apporté un appui au profit des Maliens", a-t-il ajouté, précisant que les derniers accrochages avaient eu lieu peu avant 07h00 locales.

TRENTE ASSAILLANTS

Un responsable militaire français au Mali avait déclaré peu auparavant sous le couvert de l'anonymat que des forces aériennes et terrestres françaises étaient intervenues en renfort dans la nuit pour repousser l'attaque.

"Ils étaient environ 30 assaillants (...) Cela a pris un moment mais le résultat est positif", a déclaré ce responsable.

Un habitant de Tombouctou a dit avoir entendu deux frappes aériennes pendant la nuit ainsi que des tirs au petit matin.

La France s'est engagée le 11 janvier aux côtés des forces maliennes pour repousser les islamistes qui occupaient le nord du Mali et menaçaient la capitale, Bamako.

Le président François Hollande a déclaré mercredi que la quasi-totalité du territoire malien serait libéré d'ici "quelques jours" des groupes islamistes qui mettent en danger l'intégrité de son territoire.

Mais l'attentat de Tombouctou pourrait forcer Paris à revoir son calendrier de retrait, censé débuter en avril.

En visite jeudi à Paris, le ministre tchadien des Affaires étrangères, dont le pays est le principal soutien militaire de la France au Mali, a jugé qu'il ne fallait pas crier victoire trop vite contre les rebelles islamistes.

"Je crois que plus de 70% du travail est fait mais il ne faut pas aller trop vite en besogne", a dit Moussa Faki Mahamat.

Signe qu'il reste des poches de résistance dans le nord du Mali, le ministère français de la Défense a annoncé mercredi qu'une quinzaine de rebelles islamistes avaient été tués au cours d'opérations dans la région de Gao entre le 12 et le 17 mars.

Avec David Lewis à Bamako et John Irish à Paris; Jean-Philippe Lefief, Patrick Vignal, Hélène Duvigneau et Bertrand Boucey pour le service français

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