Attendue sur ses rachats, la BCE ne touche pas à ses taux

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LA BCE MAINTIENT SES TAUX DIRECTEURS
LA BCE MAINTIENT SES TAUX DIRECTEURS

par Eva Kuehnen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux directeurs inchangés jeudi, moins d'une heure avant une conférence de presse jugée décisive pour le traitement de la crise de la dette, durant laquelle son président, Mario Draghi, doit préciser les modalités du plan de rachat d'obligations promis le mois dernier.

Les investisseurs veulent savoir comment l'institution entend procéder pour faire refluer les coûts de financement de l'Espagne et de l'Italie en rachetant une partie de leur dette sur les marchés financiers, un mécanisme qui a ravivé les tensions au sein même du Conseil des gouverneurs.

Le taux de refinancement, le principal taux d'intérêt de la BCE, reste fixé à 0,75%, niveau auquel il avait été abaissé - d'un quart de point - en juillet.

Le taux de prêt marginal demeure à 1,50%, tandis que le taux de la facilité de dépôt reste nul. Ces deux taux avaient également été réduits de 25 points de base le 5 juillet.

"Une baisse de taux aurait été compréhensible au vu de la faiblesse des indicateurs économiques, mais il est clair que la BCE veut s'attaquer d'abord au risque le plus important", a commenté Stefan Schilbe, chef économiste de HSBC Trinkaus.

L'euro a atteint un pic de deux mois de 1,2646 dollar après cette annonce, tandis que les futures du Bund ont reculé.

La perspective de voir la banque centrale s'engager dans un nouveau plan massif de rachats de dette se heurte notamment à l'opposition de la Bundesbank, dont le président, Jens Weidmann, aurait songé à démissionner selon le quotidien allemand Bild.

PAS D'OBJECTIFS CHIFFRÉS À ATTENDRE

Plusieurs informations publiées cette semaine ont pu déjà orienter plus ou moins les anticipations des marchés.

Draghi a dit qu'à son sens, racheter de la dette dont l'échéance ne dépasse pas trois ans ne revenait pas à financer les Etats.

Des sources proches de la BCE ont dit mercredi que l'institut d'émission serait disposé à renoncer à son statut de créancier privilégié, dans le cadre de ce nouveau programme de rachat d'obligations.

"Les anticipations sont extrêmement élevées. Si la BCE ne donne pas satisfaction, nous allons traverser un nouveau passage à vide", prédit Gille Moëc, économiste senior Europe de Deutsche Bank.

Selon deux sources, Mario Draghi ne devrait cependant pas fixer de montant maximal aux rachats de la banque centrale et celle-ci ne devrait pas se fixer des objectifs en terme de rendements ou d'écarts de rendements.

Les rendements obligataires espagnols et italiens ont nettement reflué depuis que Mario Draghi a annoncé le 2 août que la BCE rachèterait des obligations souveraines émises par Madrid et Rome.

Quelques jours auparavant, il avait promis que la BCE ferait "tout ce qu'il faudrait" pour préserver l'euro.

Jeudi, l'Espagne a emprunté 3,5 milliards d'euros sur les marchés à des taux nettement inférieurs à ceux consentis aux investisseurs lors d'opérations de même échéance ces derniers mois.

Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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  • bigot8 le jeudi 6 sept 2012 à 15:17

    oui plus on est dans la crise et dans les dettes plus la bourse monte ...c est bien

  • M3101717 le jeudi 6 sept 2012 à 14:16

    Du coup, la bourse grimpe ;o)

  • M9385839 le jeudi 6 sept 2012 à 14:15

    0.75 avec une inflation au dessus de 2 depuis 2ans....il est beau le RESPECT DU mandat de la BCE

  • Isegoria le jeudi 6 sept 2012 à 14:12

    Signe...

  • Isegoria le jeudi 6 sept 2012 à 14:11

    Lalarme incendie vient de ce déclencher dans limmeuble de la BCE. Un cycle sans doute...