Attaques à la voiture bélier à Jérusalem et en Cisjordanie

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par Jeffrey Heller et Suleiman Al-Khalidi JERUSALEM/AMMAN, 5 novembre (Reuters) - Deux attaques à la voiture-bélier ont été commises mercredi, l'une dans le centre de Jérusalem, qui a fait un mort et une dizaine de blessés, puis une autre en Cisjordanie, où un automobiliste palestinien a percuté trois soldats israéliens. Un policier des frontières israélien a été tué et plus de dix personnes ont été blessées lors de la première attaque, au terme de laquelle le conducteur palestinien a été abattu par les forces de l'ordre. La police israélienne a précisé que l'homme qui avait lancé son véhicule sur des passants était un Palestinien de Jérusalem-Est du nom d'Ibrahim Akari. Le groupe islamiste palestinien Hamas a revendiqué cette "action héroïque en réplique à la poursuite des crimes sionistes". Quelques heures plus tard, une camionnette conduite par un Palestinien a foncé sur trois soldats, blessant gravement l'un d'eux, ont déclaré un porte-parole des services ambulanciers et la police. Les deux autres militaires souffrent de blessures moins sérieuses. La camionnette a réussi à prendre la fuite et une chasse à l'homme a été lancée, indique la police israélienne. L'attaque s'est produite près du camp de réfugiés palestiniens d'El Aroub, dans le sud de la Cisjordanie, près de la colonie de peuplement de Gush Etzion. Le 22 octobre, un Palestinien avait lancé sa voiture sur un groupe de piétons à un arrêt de tram, tuant un bébé de trois mois et une femme avant d'être abattu par la police. Ces nouvelles attaques à la voiture-bélier ont fait suite à de nouveaux heurts dans la matinée entre policiers israéliens et manifestants palestiniens sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est. Inquiète de la multiplication des incidents, la Jordanie a ordonné le rappel de son ambassadeur en Israël pour protester contre ce qu'elle qualifie de "violations" israéliennes des lieux saints de Jérusalem. Amman va également saisir le Conseil de sécurité des Nations unies. L'esplanade des Mosquées - appelée le Mont du Temple par les Israéliens - abrite le dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa. Ce troisième lieu saint de l'islam après La Mecque et Médine, en Arabie saoudite, est administré par le Waqf, une fondation religieuse contrôlée par la Jordanie. "ESCALADE SANS PRECEDENT" Ancien site des deux Temples juifs, il est aussi le principal lieu saint du judaïsme. Les tensions se sont accrues ces derniers jours et les autorités israéliennes avaient ordonné la fermeture du site pour une journée jeudi dernier. A Amman, un porte-parole du gouvernement a expliqué le rappel de l'ambassadeur de Jordanie en Israël - une première depuis le traité de paix de 1994 - en raison de "l'escalade sans précédent" des opérations israéliennes sur l'esplanade des Mosquées et de l'accélération de la politique de colonisation dans la partie arabe de la ville sainte. Mohammad al Momani a précisé que les forces de sécurité israéliennes avaient mené dans la matinée un raid à la mosquée Al Aqsa et a dénoncé une "dangereuse escalade". Selon des témoins, les Israéliens ont lancé des grenades assourdissantes dans la mosquée lors des affrontements avec les manifestants. S'exprimant à Paris alors qu'il s'apprêtait à rencontrer le secrétaire d'Etat américain John Kerry, le chef de la diplomatie jordanienne, Nasser Djoudeh, a expliqué qu'Amman avait rappelé son ambassadeur en raison de la situation au complexe de la mosquée Al Aqsa. "Nous avons adressé des messages répétés à Israël, directement et indirectement, pour lui signifier que Jérusalem était une ligne rouge", a dit le ministre, qui a accusé les Israéliens de violations et d'incursions, et d'empêcher les musulmans de se recueillir librement, ainsi que de permettre à des extrémistes d'entrer dans le complexe. "Ces violations provoquent la fureur" des musulmans du monde entier, a-t-il continué. De son côté, Emanuel Nahshon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, a estimé que la Jordanie avait pris une mauvaise décision, qui ne contribue pas à calmer les tensions. "Nous attendons de la Jordanie qu'elle condamne les violences préméditées qui sont dirigées à partir de Ramallah, et le meurtre d'innocents qu'elles causent", a dit Emanuel Nahshon. (Henri-Pierre André, Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français)

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