Attaque de Nice-La piste d'un acte prémédité semble se préciser

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    * Six personnes placées en garde à vue 
    * Aurait fait du repérage, vidé son compte avant l'attaque 
    * Ses motivations restent obscures 
 
    PARIS, 17 juillet (Reuters) - Repérage des lieux et compte 
en banque vidé quelques jours avant de passer à l'acte : la 
piste d'un acte prémédité semblait se préciser dimanche trois 
jours après l'attentat du 14 juillet à Nice perpétré par Mohamed 
Lahouaiej-Bouhlel, dont le profil suscite toujours des 
interrogations chez les enquêteurs.  
    Inconnu des services de renseignement, ce Tunisien de 31 ans 
a été tué jeudi soir à l'issue de sa course meurtrière au volant 
d'un camion sur la Promenade des Anglais qui a fait 84 morts et 
plus de 300 blessés. 
    Décrit comme un homme violent, qui buvait de l'alcool, 
Mohamed Lahouaiej-Bouhlel se serait, selon le ministre de 
l'Intérieur Bernard Cazeneuve, "radicalisé rapidement", un 
élément qui expliquerait le fait qu'il soit resté hors des 
radars des services de renseignement.  
    Les témoignages de son entourage - six personnes sont 
actuellement placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête - 
commencent à esquisser le profil de l'assaillant dont les 
motivations restent floues. 
    La garde à vue de sa femme, dont il était séparé, a pris fin 
dimanche matin et aucune charge n'a été retenue contre elle, 
selon une source judiciaire.  
    Selon les premiers éléments de l'enquête, il se serait rendu 
sur la Promenade des Anglais les 12 et 13 juillet pour faire des 
repérages au volant de son camion, rapporte dimanche Europe 1, 
se basant sur des images des caméras de vidéo-surveillance.  
    En une semaine, il aurait également vidé son compte et 
aurait vendu sa voiture la veille du 14 juillet, rapporte une 
source policière au JDD. Il aurait également à cette occasion 
annoncé à son entourage sa radicalisation, ajoute cette même 
source.     
     
    "PROBLEMES PSYCHOLOGIQUES"  
    Si l'Etat islamique a revendiqué l'attaque, l'enquête n'a 
officiellement pas permis pour l'heure de découvrir d'éléments 
faisant état d'une allégeance à l'organisation djihadiste.  
    Dans une interview au Journal du Dimanche, le Premier 
ministre Manuel Valls estime que le caractère islamiste de la 
tuerie de Nice ne fait aucun doute. 
    "La revendication (...) de l'Etat islamique, la 
radicalisation rapide du tueur, viennent confirmer le caractère 
islamiste de cette attaque", estime-t-il. "Daech fournit à des 
individus déséquilibrés un kit idéologique donnant sens à leurs 
actes. L'enquête devra le démontrer mais c'est sans doute le cas 
de l'attentat de Nice".  
    Capitale de la "French Riviera", la ville de Nice est 
également depuis quelques années un vivier de candidats au 
djihad au sein d'un département où les réseaux islamistes 
restent particulièrement actifs.    
     Dix pour cent des Français ou de résidents en France, 
identifiés comme étant en relation avec des filières djihadistes 
étaient originaires des Alpes Maritimes, selon les autorités 
locales. 
     "La ville de Nice est la ville qui est la plus touchée par 
le phénomène djihadiste en France", souligne David Thomson, 
journaliste à RFI, spécialiste du djihadisme en France.  
    "C'est la ville qui a vu partir le plus de ses administrés 
en Syrie et en Irak en nombre", ajoute-t-il.  
    "Ca s'explique pour une seule raison : depuis 2010 il y a 
une figure charismatique du djihad français, Omar Diaby, alias 
"Omar Omsen", considéré comme le principal recruteur de 
djihadistes français, qui a fait un travail de prédication dans 
les quartiers populaires de Nice très important".  
    Dans la ville tunisienne de Msaken d'où était originaire 
Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l'heure est à la stupeur. Sa dernière 
apparition dans cette ville de 100.000 habitants située à 120 km 
au sud de la capitale Tunis remonte à 2012.  
    Quatre ans plus tard, ses anciens voisins et des membres de 
sa famille se souviennent d'un homme sportif, distant et peu 
intéressé par la religion.      
    "Mohamed était un type très normal", se souvient son cousin 
Hamadi Bouhlel. "Il faisait régulièrement de l'exercice, de 
l'entraînement physique, il était très arrogant. Il ne parlait 
pas avec les autres jeunes du quartier". 
    Sa soeur, Rabeb Bouhlel, a elle confirmé qu'il avait des 
"problèmes psychologiques" et "avait vu des psychologues pendant 
plusieurs années" tout en précisant n'avoir pas décelé de signe 
de radicalisation chez son frère.  
 
 (Marine Pennetier, avec Michel Rose à Paris et Tarek Amara à 
Msaken, édité par Eric Faye) 
 
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